Le futur de l’industrie de défense française passe par l’Ukraine - Par Arnaud Dassier et Mat Hauser
Les industries de défense française et ukrainienne s’avèrent très complémentaires. Une étroite collaboration, notamment dans le domaine des drones, serait mutuellement bénéfique et permettrait d’accélérer le réarmement de la France.
Arnaud Dassier est Entrepreneur et investisseur, actif en Ukraine depuis 2005. Mat Hauser est co-fondateur de Strateon, cabinet d’intelligence économique spécialisé sur l’UkraineMain dans la main avec l’administration militaire, la base industrielle de défense française a pris l’habitude, comme tous les autres pays occidentaux, de fabriquer lentement des armes de plus en plus sophistiquées et couteuses. Au début du conflit ukrainien, beaucoup d’armes occidentales se sont avérées inopérantes, impraticables et beaucoup trop couteuses pour être risquées sur le front. Nombreux sont les témoignages de soldats ukrainiens qui affirment ne pas faire voler les drones occidentaux, craignant de voir partir en fumée plusieurs dizaines de milliers d’euros, pour une mission qu’un appareil à 500€ peut réaliser efficacement. Pire, des dronistes combattant à Chasiv Yar confirment que certains techniciens ukrainiens préfèrent désosser le matériel reçu de l’Ouest pour en récupérer les composants et assembler des prototypes plus utilisables dans le contexte des tranchées de l’Est.
Loin de cette course à la haute technicité qui a doté l’hexagone d’armement couteux souvent inadaptés aux réalités modernes, l’Ukraine a fait le choix de développer une industrie de défense agile et hyper-réactive. Au pays des cosaques, ce sont des centaines de micro-ateliers qui produisent chaque jour plusieurs milliers de drones commandés directement par les bataillons du front.
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