« Taxe sur les ultra-riches » : l’Assemblée nationale entre démagogie et veulerie - Par Jean-Philippe Delsol, Nicolas Lecaussin et Jean-Philippe Feldman


Est-il si injuste que celui qui gagne 10 paye 1 et que celui qui gagne 100 paye 10 ? C’est l’impôt proportionnel qu’il convient enfin d’instaurer en France, ce que les anglo-saxons appellent flat tax. Une tribune de Jean-Philippe Delsol, Nicolas Lecaussin et Jean-Philippe Feldman de l'IREF pour L'Opinion.


Le 7 janvier, à l’initiative des députées Eva Sas et Clémentine Autain, les Ecologistes avaient déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à instaurer un impôt plancher de 2 % sur le patrimoine des « ultra-riches », cette fraction des foyers fiscaux qui possède une fortune de plus de 100 millions d’euros. Profitant de leur niche parlementaire du 20 février, ils sont parvenus, contre toute attente, à faire adopter leur texte en première lecture à la majorité de 116 voix contre 39 avec de nombreuses abstentions.

Même s’il est probable que le sage Sénat permettra de refroidir les passions et qu’il se prononcera en défaveur de la proposition, il n’en demeure pas moins que le vote du texte ne grandit ni ses promoteurs, ni les abstentionnistes, ni le gouvernement. Et le risque n’est pas exclu que, à l’issue de la navette parlementaire, le texte soit finalement adopté par l’Assemblée contre le Sénat.

Cette proposition de loi est inspirée des travaux de l’Institut des politiques publiques – IPP – et du projet de taxe dite Zucman, l’économiste non moins à gauche, qui l’a portée au plan mondial.