Aux Pays-Bas, le coût de l’immigration n’est plus une question taboue - Par Céline Pina

Le pays « déborde », selon le nouveau Premier ministre hollandais Geert Wilders. « L’époque où limiter l’immigration était essentiellement un thème électoral de droite semble révolue », reconnait de son côté le quotidien de gauche De Volkskrant.


Une étude de l’école d’économie de l’Université d’Amsterdam sur le coût réel de l’immigration, a fait couler beaucoup d’encre aux Pays-Bas. Il faut dire que le thème de l’immigration a pesé dans les dernières élections législatives bataves. En effet, pays le plus densément peuplé d’Europe, le royaume des digues et des tulipes subit une forte augmentation des arrivées de migrants sur son sol tandis qu’il affronte une grave crise du logement.

Les Hollandais craignent de voir leur culture et leur modèle social fragilisés par une forte immigration, mais ils n’échappent pas pour autant à la crise démographique et à la pénurie de main d’œuvre qui sévit en Europe. Dans ce contexte, la question du coût de l’immigration, donc de sa soutenabilité pour des pays européens en crise, est un fort enjeu autant culturel et politique qu’économique et social.

L’augmentation massive des migrants accueillis, un risque pour l’Etat providence ?

Cette situation explique l’arrivée en tête de ces législatives du leader d’extrême-droite, Geert Wilders. Tous les analystes lient cette victoire à sa rhétorique anti-immigration qui fait de l’augmentation massive de l’arrivée de migrants, un risque à court terme pour l’Etat providence. Le problème est que cette question n’est pas seulement rhétorique, elle parle de l’angoisse des peuples européens de voir leur système politique et leur modèle social impactés par l’arrivée de populations avec qui les écarts culturels, intellectuels, éducatifs, économiques… sont parfois très difficiles à combler.