Alain Madelin: «L’État s’estime légitime, au nom du bien, à mettre en péril les libertés fondamentales»

Si inciter à la vaccination était un objectif de santé publique raisonnable, concède l’ancien candidat à l’Élysée, l’État commet un excès de pouvoir en instaurant le passe vaccinal.


LE FIGARO. -«La fragilité de la santé humaine peut fournir à l’État une justification permanente pour un état d’exception permanent», alertait dans Le Figaro le penseur Pierre Manent dès mars 2020. Deux ans plus tard, y sommes-nous?

Alain MADELIN. -
Non, mais la menace existe. Les périodes de grand péril, comme la peste, s’apparentent à des périodes d’état de guerre. En 1720, lors de l’épidémie de peste, la France a envoyé des troupes pour dresser un mur autour de Marseille, puis pour garder une frontière de 285 km à l’intérieur de la Provence - avec ordre de tirer sur ceux qui tenteraient de s’échapper, quand même auraient-ils été en bonne santé.