Construction du mur en Pologne: «L'Union européenne se révèle incapable de défendre ses frontières» - Par Max-Erwann Gastineau

La construction d'un mur à la frontière orientale de la Pologne, destiné à bloquer la progression des migrants, a commencé ce mardi 25 janvier. Il faut désormais que l'UE se saisisse de la crise migratoire et apporte des solutions viables, juge Max-Erwann Gastineau


Diplômé en histoire et en science politique, Max-Erwann Gastineau est essayiste. Il a publié Le Nouveau procès de l'Est (Éditions du Cerf, 2019).

FIGAROVOX. - Le Parlement polonais a donné vendredi son feu vert définitif au projet gouvernemental de construction d'un mur à la frontière avec la Biélorussie pour empêcher les migrants et les réfugiés de passer en Pologne. Est-ce la seule solution pour ce pays membre de l'Union européenne ?

Max-Erwann GASTINEAU. -
Le 7 octobre dernier, les ministres de l'Intérieur de douze pays membres, dont la Pologne, l'Autriche, le Danemark ou la Grèce, appelaient l'Union européenne à changer radicalement de philosophie en matière migratoire. Appel adressé, sous un double prisme sécuritaire (sécurité culturelle et frontalière), aux commissaires Margaritis Schinas, chargé de la Promotion de notre mode de vie européen, et Ylva Johansson, chargée des Affaires intérieures. En juin 2020, la Commissaire suédoise décrivait comme «crucial d'ouvrir autant de voies de migration légales que possible», et ce pour des raisons d'ordre non seulement humanitaire, afin de contrer le développement des réseaux de passeurs, mais également économique, en vue de répondre au vieillissement de la population européenne : «chaque année, affirmait-elle dans un entretien accordé au journal La Croix, plus de deux millions de migrants rejoignent l'UE légalement. Cela fonctionne très bien, et je voudrais voir cette part augmenter.»