Les prix montent, mais la déflation reprend - Par Henri Lepage
Le monde a changé de régime monétaire. Les médias et les banques centrales (apparemment) n'en ont pas encore pris conscience.
LIRE AUSSI / Covid : entre inflation et déflation - Par Henri Lepage (mechantreac.blogspot.com)En 2008 le monde a subrepticement changé de régime monétaire. Les médias (c’est sûr) et même les banques centrales (apparemment) n’en ont pas encore pris conscience. Ils continuent de discourir comme s’il n’en était rien. Conséquence : un déluge d’hystérie et de prévisions inflationnistes non crédibles.
Aujourd’hui, une toute petite part seulement de la création monétaire a pour origine la Banque centrale. Dans son étude de 2014 sur la création de la monnaie la Banque d’Angleterre donne le chiffre de 3 % pour le Royaume Uni (monnaie + billet). L’essentiel de la création monétaire se fait via les banques et leurs activités d’intermédiation. Même lorsqu’il s’agit d’une opération de Quantitative Easing.
Lorsque la banque centrale rachète les actifs d’un investisseur (non banque), elle en crédite le montant au compte de réserves de la banque privée qui sert d’intermédiaire à la transaction. Mais il s’agit d’une « monnaie-banque-centrale » qui ne circule pas dans l’économie réelle, et qui ne sert qu’aux transactions interbancaires. La création de vraie monnaie circulante incombe en fait à la banque intermédiaire qui crédite ex nihilo le compte de dépôt du vendeur. L’opération se solde ainsi bel et bien par une augmentation du volume des dépôts en circulation dans le système bancaire.
Tout confirme le retour de l'économie mondiale non vers une grande inflation à la manière des années 70, mais sur une nouvelle phase cyclique d'évolution dépressive.
Dans ce qui précède dans la première partie, je continue de me placer dans le cadre d’un écosystème bancaire traditionnel de nature essentiellement territoriale, avec un marché monétaire domestique rattaché à la présence d’une banque centrale nationale souveraine. Or au cours des cinq dernières décennies, cet écosystème a subi une mutation fondamentale, fruit de l’interaction entre le mouvement mondial de libéralisation économique et les développements de l’innovation technologique financière.