Pierre-Henri Tavoillot : « Nous sommes envahis par une quête de pureté morale »
Le coorganisateur du colloque « Après la déconstruction. Reconstruire les sciences et la culture » revient sur la polémique qui a accompagné l’événement.
Les 7 et 8 janvier se tenait à la Sorbonne le colloque international « Après la déconstruction. Reconstruire les sciences et la culture », organisé par Emmanuelle Hénin, Xavier-Laurent Salvador et Pierre-Henri Tavoillot, dont l'objectif affiché était d'analyser les ressorts intellectuels de la pensée critique, prépondérante dans les études de genre ou postcoloniales, et ses conséquences sur l'enseignement supérieur. Les organisateurs lui reprochaient son manichéisme, son manque de nuance, ainsi que sa volonté de s'imposer en « dogme moral ». Immédiatement critiqué par nombre de chercheurs et de militants à grand renfort de tribunes, l'événement a pris une tournure polémique, alors même que l'interdisciplinarité et la variété des intervenants soulignait l'appétence pour le sujet. Pierre-Henri Tavoillot, maître de conférences à la Sorbonne et spécialiste de la philosophie politique, a accepté de répondre à nos questions. Entretien.