Déficit : l'addition se paiera aussi à Bruxelles - Par Agnès Verdier-Molinié

La France devrait être de nouveau placée par Bruxelles en procédure pour déficit excessif. Sans réactions fortes, elle s'expose à 3 milliards d'euros de sanctions par an, s'inquiète Agnès Verdier-Molinié.


La France pourrait bien se distinguer une nouvelle fois dans les prochains mois pour non-respect de ses engagements budgétaires envers l'Union européenne, puisque la clause qui avait suspendu, pendant la crise du Covid, les règles du Pacte de stabilité et de croissance vient d'être désactivée… 60 % de dette maximum par rapport au PIB, 3 % de déficit maximum par rapport au PIB, voilà ce que la France s'était engagée à respecter dans le cadre du passage à l'euro. Et nous n'y sommes pas du tout, mais alors pas du tout. Nous sommes en 2023 à 110,6 % de dette publique par rapport au PIB et à plus de 5,5 % de déficit public par rapport au PIB.

Dans les prévisions de la zone euro, nous sommes lanterne rouge en déficit public et nous n'aurons plus derrière nous que la Grèce et l'Italie en matière d'endettement public. Et la Grèce et l'Italie ont, de leur côté, des chiffres de déficits publics bien meilleurs que nous. Autour de 1 % pour la Grèce en 2024 et 4,3 % en Italie… Nous sommes donc bien isolés avec des finances publiques dégradées sur les deux cibles du Pacte de stabilité et de croissance.