L’audiovisuel public français est-il pluraliste ? - Par Jean-Thomas Lesueur et Aymeric de Lamotte
Le rapport de l'institut libéral Thomas More par Jean-Thomas Lesueur et Aymeric de Lamotte, démontre pour la première fois, chiffres à l'appui, que l'audiovisuel public déroge à ses obligations légales d'impartialité et de pluralisme.
Le 13 février 2024, le Conseil d’État enjoignait à l’Arcom de « procéder au réexamen » de la demande de l’association Reporters sans frontières qui reproche à CNews de ne pas se conformer à ses obligations en matière de pluralisme et d’indépendance de l’information. Bien que cette décision soit dangereuse pour la démocratie, la liberté d’expression et le pluralisme dans les médias, il nous a semblé que, s’il y a un acteur médiatique auquel incombe l’obligation de pluralisme en premier lieu, c’est l’audiovisuel public, qui est financé par l’impôt de tous les Français. La tâche que s’assigne le nouveau rapport de l'Institut Thomas More est d’examiner si celui-ci respecte ou non cette obligation.
Il qualifie 587 intervenants sur six chaînes de télévision et de radio publique - France 2, France 5, France Info TV (canal 27), France Info Radio, France Culture et France Inter - durant la période du 19 au 23 février 2024 : 50% sont neutres, 25% sont socialistes et progressistes, 21% sont libéraux et progressistes et 4% sont libéraux et conservateurs.
Il relève également des biais manifestes dans l’orientation politique et idéologique des thématiques traitées. Les thèses décroissantes dominent avec 65,6% des avis exprimés à propos de l’écologie. Nous avons en outre constaté un éloge unanime du multiculturalisme et un traitement défavorable à l’égard des personnalités politiques de droite.
Il braque enfin le projecteur sur cinq étude cas (la représentation des invités politiques, le cas France Inter, le magazine Complément d’enquête sur France 2, le traitement médiatique de l’annonce du projet de loi relatif à « la fin de vie » et la plateforme France TV Slash du groupe France Télévisions), qui mettent en évidence des déséquilibres patents dans la représentation de certains invités, dans les tendances politiques exprimées et dans les positions politiques revendiquées.
Nous espérons que ce rapport permettra la prise de conscience de ses responsables et de leurs tutelles et les poussera à prendre les mesures nécessaires à faire vivre réellement le débat démocratique !
L’audiovisuel public français est-il pluraliste ? - Institut Thomas More (institut-thomas-more.org)
Droite marginalisée et gauche surexposée : révélations sur le manque de pluralisme dans l'audiovisuel public
Par Judith WaintraubDu 19 au 23 février 2024, l'institut libéral Thomas More a passé au crible 587 intervenants dans les programmes de trois chaînes et trois stations du service public : France 2, France 5, France Info TV, France Info Radio, France Culture et France Inter. Il les a classés selon leur sensibilité politique, soit qu'ils représentaient un parti, soit par les idées qu'ils exprimaient. Le résultat est édifiant : 50 % des intervenants n'affichaient pas d'orientation idéologique décelable, mais sur les 50 % restants, la moitié entrait dans la catégorie « gauches », 21 % étaient de sensibilité macroniste et 4 % seulement tenaient un discours pouvant être considéré comme de droite.
L'idée de cette entreprise herculéenne, à laquelle personne ne s'était encore attelé, est partie de la décision du Conseil d'État d'obliger l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) à étendre son contrôle du pluralisme à la totalité des participants à l'ensemble des émissions de télé et de radio. La plus haute juridiction administrative donnait ainsi à Reporters sans frontières la victoire que l'Arcom lui avait refusée dans sa guerre contre CNews. Élus ou représentants de partis politiques, bien sûr, mais aussi journalistes, chroniqueurs et même acteurs de la société civile, tout le monde dans des cases !
Droite marginalisée et gauche surexposée : révélations sur le manque de pluralisme dans l'audiovisuel public (lefigaro.fr)
Du pluralisme dans les médias? Oui, mais pas n’importe comment…
L’audiovisuel public déroge à ses obligations légales d’impartialité et de pluralisme, selon une étude de l’institut Thomas MoreL’affaire est entendue : les médias français sont majoritairement progressistes, immigrationnistes, multiculturalistes et européistes. Les journalistes sont majoritairement de gauche. Les étudiants des écoles de journalisme et des IEP votent très majoritairement à gauche ou à l’extrême gauche. Le frémissement actuel d’un contre-courant au gauchisme ambiant laisse espérer des lendemains moins idéologiquement uniformes dans les médias. Mais rien n’est gagné, loin de là.
Le magistère moral de la gauche médiatique n’est en effet remis en question qu’à la marge. Dans l’audiovisuel public, rien ne change, au contraire. L’entre-soi est assuré. On y discute d’immigration heureuse, d’avenir diversitaire et radieux, de justes causes de toutes les minorités possibles et imaginables, de « dérèglement climatique » en tenant au loin les potentiels contradicteurs. On se congratule mutuellement, on donne des leçons de morale en évoquant, faussement épouvantés, le retour des « heures sombres » et autres « bêtes immondes », on fait des barrages contre l’extrême droite à tout-va – jusqu’à présent, les élections confirmaient l’efficacité de cet harassant travail de castors stakhanovistes.
Le combat d’une vie pour Me Goldnadel
Bien entendu, la main sur le cœur, on ne cesse de se targuer d’être ouverts, tolérants et pluralistes. Malheureusement, regrettent les salariés de « l’odieux visuel du service public » (Goldnadel), malgré tous leurs efforts, les barrages s’effondrent, des idées nauséabondes parviennent à percer ici ou là, les Français ignorent les injonctions des éditorialistes politiques de France Inter et votent de plus en plus mal. Du coup, la médiacratie montre son vrai visage. Et ses dents. Il aura suffi du succès d’une chaîne d’information continue, d’une radio et d’un ou deux journaux « bollorisés » et de sondages annonçant la victoire écrasante du RN aux prochaines élections européennes pour qu’éclate sa tartufferie et que remonte entièrement à la surface son mauvais fond idéologique et autoritaire.
L’audiovisuel du service public, subventionné par tous les Français, a depuis longtemps choisi son camp. Progressiste, woke et immigrationniste, il distille à longueur d’émissions et de documentaires soigneusement orientés les messages vantant les mérites du multiculturalisme et de l’écologisme, de l’UE et du transgenrisme. De plus, il ne perd pas une occasion d’évoquer, en tremblant, « l’extrême droite » qu’il devine derrière chaque personne ou groupe de personnes contredisant la doxa. Cette machine propagandiste compte plusieurs centaines de directeurs, producteurs, journalistes, chroniqueurs et éditorialistes qui trouvent la place suffisamment chaude pour ne la céder à personne. À l’annonce de la fusion de Radio France et France Télévisions, les salariés de Radio France ont dénoncé, dans une tribune parue dans Le Monde, une réforme « démagogique, inefficace et dangereuse ». « Protégeons, écrivent-ils, le pluralisme dont nous sommes un des piliers. » Défense de rire. Parlons-en, tiens, de ce fameux pluralisme dans l’audiovisuel public.
A relire : Delphine Ernotte: «Je ne veux pas la mort de CNews»
La gauche bénéficie d’une exposition sans égale sur France inter
L’institut Thomas More, après avoir visionné et écouté attentivement pendant une semaine les programmes de France 2, France 5, France Info TV, France Info Radio, France Culture et France Inter en tenant compte des recommandations du Conseil de l’État à l’Arcom – à savoir qualifier et mesurer les sensibilités politiques de tous les participants à toutes les émissions – vient de rendre un rapport accablant, nous apprend un récent article de Judith Waintraub dans Le Figaro Magazine : « l’audiovisuel public déroge à ses obligations légales d’impartialité et de pluralisme ». Les résultats : sur 587 intervenants, 50 % étaient jugés politiquement « inclassables », 25 % de gauche, 21 % du camp macroniste et 4 %… de droite. Devinez sur quelle radio les intervenants classés à gauche profitent d’une exposition sans égale : France Inter, naturellement. Ces résultats confirment par ailleurs ceux du temps de parole des courants politiques aux dernières législatives sur ladite radio avec « des gauches bénéficiant d’une audience nettement supérieure à leur poids électoral (+ 50 %) » tandis que « la droite radicale connaissait une sous-représentation considérable ( – 58 %) ». En outre, les membres de l’institut Thomas More, après avoir décortiqué des centaines d’émissions, notent que les humoristes et éditorialistes de France Inter réservent systématiquement un « traitement de défaveur aux représentants des droites ». Bizarre : Adèle Van Reeth affirmait pourtant au Figaro, le 28 mars dernier, que les journalistes et animateurs de la radio qu’elle dirige étaient « des personnes qui ne sont pas dans une optique militante ». Quant à l’émission de France 2 “Complément d’enquête”, après avoir visionné ses 86 dernières éditions, le résultat de l’institut est sans appel : « 37 % d’entre elles reflètent un positionnement idéologique de gauche et 0 % de droite ! » Il est noté également une appétence toute particulière de l’audiovisuel public pour le multiculturalisme – du 19 au 23 février 2024, les six radios et télés étudiées ont traité le thème de la « diversité » à 12 reprises « en la présentant à chaque fois comme une chance pour le pays d’accueil et une condition pour le développement d’une société plus harmonieuse », écrit Judith Waintraub en s’appuyant sur une note on ne peut plus claire de l’institut Thomas More : « La fierté de sa culture ou de ses racines est considérée avec scepticisme quand ladite culture est française, mais au contraire fortement valorisée quand celle-ci est étrangère. »Tout aussi clair est le dernier tract du syndicat CFDT-Journalistes. Contrevenant totalement aux principes syndicaux de non-ingérence politique et de défense des salariés, les représentants du syndicat écrivent, avec des trémolos dans la plume : « Les journalistes ne veulent pas regarder monter l’extrême droite les bras croisés ». Ils exhortent « les journalistes et tous les citoyens à ne pas sous-estimer le péril démocratique qui est en jeu ». Plus loin, ils affirment : « Si nous nous exprimons en tant que représentants des journalistes en particulier, c’est que l’information est un pilier de la démocratie : les journalistes ont un rôle capital pour relater ce que vivent nos concitoyens, rendre compte et faire vivre le débat public, pour dire ce qui risque d’être tu. »
JOURNALISTES, NE REGARDONS PAS MONTER L'EXTRÊME-DROITE LES BRAS CROISES !
— CFDT Journalistes (@USJCFDT) May 21, 2024
Nous publions une déclaration sur le péril d'extrême-droite en matière de liberté de la presse, et invitons à la résistance contre la montée de ces idées.https://t.co/abwCStFGdf pic.twitter.com/oCeC8nToBX
Relater certains faits de société, nommer certains criminels, confronter les chiffres explosifs de la délinquance à ceux, en hausse régulière, de l’immigration, dénoncer l’antisémitisme d’une partie de l’extrême gauche, ne semblent pas faire partie de cette profession de foi. Et pour cause : ces événements relèvent de « l’information manipulée par les extrémismes, pour servir leur projet ». La tête nous tourne lorsque les journalistes de la CFDT défendent le pluralisme tout en regrettant « l’extension progressive de médias d’opinion » ou affirment que « le débat public pâtit de la montée de tous les extrêmes », alors qu’eux-mêmes ne ciblent que… l’extrême droite. Il n’est en effet question que d’elle : la CFDT invite tous les journalistes à « se former » exclusivement sur ce qu’est l’extrême droite ; à « refuser tout compromis » en n’omettant jamais de qualifier le RN et Reconquête ! de « partis d’extrême droite » ; à ignorer le « vocabulaire de l’extrême droite », etc. Afin de ne pas « s’endormir face à la banalisation de certaines idées » (devinez lesquelles !) et « pour que les rédactions soient un lieu de diversité où se vive le dialogue et la fraternité (sic) », la CFDT-Journalistes propose ce qu’elle appelle un « contre-projet » de société reposant sur un paysage médiatique pluraliste mais pas trop quand même. Après avoir lu attentivement le tract de la CFDT, nous pensons être en mesure de dessiner ledit paysage assez précisément : une télévision publique de gauche, des radios publiques progressistes, des journalistes de presse pluralistes de gauche, wokes ou progressistes, des éditorialistes politiques de gauche, des chroniqueurs wokes, des animateurs progressistes et, pourquoi pas, histoire d’apporter une touche d’humour, des bouffons belges. C’est étrange mais… ça nous rappelle quelque chose.
L’audiovisuel public faillit à sa mission de pluralisme, selon l’Institut Thomas More
PAR GERMAIN DE LUPIAC
En février, le Conseil d’État donnait à l’autorité de régulation de l’audiovisuel et du numérique (Arcom) 6 mois pour examiner le respect du pluralisme de la chaîne Cnews, suite à une saisine de Reporters sans Frontières. Parmi les pistes de réflexion, le fichage politique de tous les intervenants de la chaîne, journalistes, animateurs et chroniqueurs.
Selon leur rapport, l’audiovisuel public, « financé par l’impôt de tous les Français » , ne respecterait pas ses obligations légales d’impartialité et de pluralisme dans le choix de ses intervenants, représentant en grande majorité les tendances de gauche.
Pour faire ce travail, l’institut n’a pas utilisé les étiquettes habituelles : gauche, droite, extrême gauche, extrême droite, y préférant les courants idéologiques actuels : socialisme, progressisme, libéralisme et conservatisme, avec pour chacun une définition précise du cadre conceptuel.
Un biais idéologique majoritairement marqué à gauche
L’institut Thomas More a analysé la sensibilité des intervenants dans les programmes de trois chaînes et trois stations du service public : France 2, France 5, France Info TV, France Info Radio, France Culture et France Inter. Au total, les profils de 587 personnes ont été étudiés sur la période du 19 au 23 février (animateurs, chroniqueurs, invités politiques et culture et invités issus de la société civile), pour deux mois et demi de travail d’analyse.
Selon le directeur général Thomas More, Jean-Thomas Lesueur, si la conception « inquisitoriale » d’un pluralisme construit par un fichage politique s’imposait, « elle devrait s’appliquer en premier lieu au service public, financé par le contribuable et soumis à une obligation d’impartialité ». Il a réalisé cet exercice avec son directeur général adjoint, Aymeric de Lamotte et une demi-douzaine de collaborateurs.
Le résultat confirme ce que la plupart savait déjà : si 50% des intervenants n’affichent pas d’orientation idéologique, 25% d’entre eux sont catégorisés sont dans la catégorie « socialiste et progressiste », 21% dans celle « libéral et progressiste » et seulement 4% comme « libéral et conservateur ».
France Info TV est le « meilleur élève du groupe » avec 8% d’intervenants libéraux conservateurs pour 27% de socialistes progressistes, 31% de libéraux progressistes et 34% d’intervenants neutres. Le moins bon élève est France Culture avec 1% d’intervenants libéraux conservateurs pour 28% de socialistes progressistes, 15% de libéraux progressistes et 56% d’intervenants neutres. C’est sur France Inter que les profils de gauche ont l’exposition la plus large avec 7% d’intervenants libéraux conservateurs pour 32% de socialistes progressistes, 24% de libéraux progressistes et 37% d’intervenants neutres.
À titre de comparaison l’Institut publie les résultats des élections législatives de 2022 où la gauche, EELV et l’extrême gauche (NUPES) représentaient 33,2% des voix exprimées, le centre (parti présidentiel) 27%, la droite 13,6% et la droite radicale 24%. Une représentation politique du pays très loin de la représentation des idées faite par le service public.
Pour l’Institut Thomas More, il apparaît que malgré leur devoir d’impartialité et de pluralisme, l’audiovisuel public à une sur-représentation des courants socialistes progressistes et libéraux progressistes et une sous-représentation très marquée du courant libéral conservateur.
Une orientation idéologique des thématiques
La deuxième partie du rapport aborde l’orientation des thématiques traitées par le service public à travers trois thématiques, l’écologie, le multiculturalisme et le traitement des personnalités politiques de droite.
Concernant l’écologie, 55,6% des avis relèvent d’une écologie que l’on peut qualifier de « décroissante » – défendue par les écologistes radicaux et l’extrême gauche, 9,4% d’une écologie « planificatrice » – celle de l’actuelle majorité, 7,8% d’une écologie « réaliste » et 17,2% d’une écologie « des solutions », plutôt apolitique.
Pour le multiculturalisme, il y a une mise en avant systématique de la diversité. « La totalité des déclarations est systématiquement favorable au multiculturalisme, c’est-à-dire qu’elle propose un éloge de la diversité, présentée comme une chance pour le pays d’accueil et une condition pour le développement d’une société plus harmonieuse. La fierté de sa culture ou de ses racines est considérée avec scepticisme quand ladite culture est française, mais fortement valorisée quand elle est étrangère » peut-on lire dans le rapport, et ce quelque soit les médias de l’audiovisuel public.
Concernant le traitement des personnalités politiques qualifiées de « libéral conservateur », l’hostilité est affichée et assumée. Parmi les déclarations faites sur les six chaînes de télévision et de radio publiques, 57% expriment une opinion défavorable à leur égard, 8% une opinion favorable et 35% une opinion neutre. La foi catholique du député européen François-Xavier Bellamy est, par exemple, moquée sur France Inter. Le RN est considéré unanimement comme un danger pour la démocratie et proche du nazisme, alors que les idées du Parti communiste, qui s’est « engagé aux côtés d’Hitler à l’occasion du Pacte germano-soviétique », connaissent un traitement favorable.
La promotion d’une déconstruction de la jeunesse
Les équipes de l’Institut Thomas More présentent ensuite plusieurs études de cas sur France Inter, l’émission Compléments d’enquête, la question de l’euthanasie – très largement promue par le groupe, ou encore les contenus de la plateforme France TV Slash, destinée aux jeunes.
Pour cette dernière, la cible officielle est le public de 18-30 ans, alors que de nombreux programmes sont destinés à des cibles plus jeunes, en mettant en scène des lycéens évoluant dans les problématiques de l’homosexualité, du féminisme, du racisme ou de l’oppression des minorités et y défendant toujours le progressisme.
Selon le think tank, l’obligation de pluralisme devrait être plus drastique en raison de la jeunesse du public, en citant l’article 1.1 4 de la Charte des antennes de France Télévisions, selon lequel « France Télévisions développe un ensemble de services qui, par leur diversité, contribuent au pluralisme des courants de pensée et d’opinion, permettant à tous les publics, et notamment à la jeunesse, d’exercer son libre choix entre des programmes qui garantissent l’expression des différents points de vue et analyses ».
Les différents programmes de cette plateforme ont été classés selon les qualifications suivantes : « Neutre » , « progressiste » et « conservateur ». Si 44% d’entre eux sont neutres, 56% sont considérés comme progressistes et 0% conservateurs. Les 56% des programmes qualifiés de progressistes contiennent systématiquement les concepts, idées ou représentations relevant de l’univers LGBTQIA+ , sans aucune contradiction directe ou indirecte. L’Institut relève un biais de représentativité par rapport au public alors qu’en France seuls 3,2% des personnes se définissent comme homosexuelles et 4,8% comme bisexuelles, selon une enquête IFOP pour la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais.
L’audiovisuel public se défend
Le rapport de l’Institut Thomas More a fait la Une du Figaro Magazine du 24 mai, pointant le manque de professionnalisme de l’audiovisuel public. Dans un communiqué , Radio France répond que ses équipes sont sensibilisées et mobilisées quotidiennement pour le respect du pluralisme. Le groupe public se défend en dénonçant une interprétation de la part de l’Institut Thomas More et les propres biais libéraux du think tank.
À quoi Jean-Thomas Lesueur a répondu qu’une recherche minutieuse et impartiale avait été conduite concernant les intervenants non-neutres, en étudiant leurs positions politiques ou idéologiques prises publiquement dans des livres, des médias ou sur les réseaux sociaux.
La mission du service public en question
En juillet 2023, Delphine Ernotte, présidente de France Télévision déclarait lors de son audition à l’Assemblée nationale : «Je tiens à dire qu’on ne représente pas la France telle qu’elle est parce que si on représentait la France telle qu’elle est, on aurait toujours 5% de femmes dans les expertes (…) mais on essaie de représenter la France telle qu’on voudrait qu’elle soit », montrant la volonté du groupe public de ne pas représenter la pluralité des opinions, mais cherchant plutôt à imposer les leurs. De son côté, la directrice de France Inter, Adèle Van Reeth, assumait sur le Figaro en mars 2024 sa ligne progressiste : «Les faits, c’est que nous sommes une radio progressiste, et nous l’assumons».
Pour l’Institut Thomas More, qui voulait montrer par cet exercice le danger de la catégorisation politique si elle était appliquée, « au terme de cette étude, nous croyons que l’ensemble des éléments présentés permet d’établir le constat solide et argumenté que l’audiovisuel public faillit à sa mission de pluralisme en ce qu’il ne diffuse pas équitablement les différents courants d’opinion ».
En février, le Conseil d’État donnait à l’autorité de régulation de l’audiovisuel et du numérique (Arcom) 6 mois pour examiner le respect du pluralisme de la chaîne Cnews, suite à une saisine de Reporters sans Frontières. Parmi les pistes de réflexion, le fichage politique de tous les intervenants de la chaîne, journalistes, animateurs et chroniqueurs.
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Bien qu’ils remettent en question un tel fichage politique, le think tank libéral Thomas More a pris cette méthodologie à la lettre et l’a appliquée au premier média qui doit la respecter en France, l’audiovisuel public.Selon leur rapport, l’audiovisuel public, « financé par l’impôt de tous les Français » , ne respecterait pas ses obligations légales d’impartialité et de pluralisme dans le choix de ses intervenants, représentant en grande majorité les tendances de gauche.
Pour faire ce travail, l’institut n’a pas utilisé les étiquettes habituelles : gauche, droite, extrême gauche, extrême droite, y préférant les courants idéologiques actuels : socialisme, progressisme, libéralisme et conservatisme, avec pour chacun une définition précise du cadre conceptuel.
Un biais idéologique majoritairement marqué à gauche
L’institut Thomas More a analysé la sensibilité des intervenants dans les programmes de trois chaînes et trois stations du service public : France 2, France 5, France Info TV, France Info Radio, France Culture et France Inter. Au total, les profils de 587 personnes ont été étudiés sur la période du 19 au 23 février (animateurs, chroniqueurs, invités politiques et culture et invités issus de la société civile), pour deux mois et demi de travail d’analyse.
Selon le directeur général Thomas More, Jean-Thomas Lesueur, si la conception « inquisitoriale » d’un pluralisme construit par un fichage politique s’imposait, « elle devrait s’appliquer en premier lieu au service public, financé par le contribuable et soumis à une obligation d’impartialité ». Il a réalisé cet exercice avec son directeur général adjoint, Aymeric de Lamotte et une demi-douzaine de collaborateurs.
Le résultat confirme ce que la plupart savait déjà : si 50% des intervenants n’affichent pas d’orientation idéologique, 25% d’entre eux sont catégorisés sont dans la catégorie « socialiste et progressiste », 21% dans celle « libéral et progressiste » et seulement 4% comme « libéral et conservateur ».
France Info TV est le « meilleur élève du groupe » avec 8% d’intervenants libéraux conservateurs pour 27% de socialistes progressistes, 31% de libéraux progressistes et 34% d’intervenants neutres. Le moins bon élève est France Culture avec 1% d’intervenants libéraux conservateurs pour 28% de socialistes progressistes, 15% de libéraux progressistes et 56% d’intervenants neutres. C’est sur France Inter que les profils de gauche ont l’exposition la plus large avec 7% d’intervenants libéraux conservateurs pour 32% de socialistes progressistes, 24% de libéraux progressistes et 37% d’intervenants neutres.
À titre de comparaison l’Institut publie les résultats des élections législatives de 2022 où la gauche, EELV et l’extrême gauche (NUPES) représentaient 33,2% des voix exprimées, le centre (parti présidentiel) 27%, la droite 13,6% et la droite radicale 24%. Une représentation politique du pays très loin de la représentation des idées faite par le service public.
Pour l’Institut Thomas More, il apparaît que malgré leur devoir d’impartialité et de pluralisme, l’audiovisuel public à une sur-représentation des courants socialistes progressistes et libéraux progressistes et une sous-représentation très marquée du courant libéral conservateur.
Une orientation idéologique des thématiques
La deuxième partie du rapport aborde l’orientation des thématiques traitées par le service public à travers trois thématiques, l’écologie, le multiculturalisme et le traitement des personnalités politiques de droite.
Concernant l’écologie, 55,6% des avis relèvent d’une écologie que l’on peut qualifier de « décroissante » – défendue par les écologistes radicaux et l’extrême gauche, 9,4% d’une écologie « planificatrice » – celle de l’actuelle majorité, 7,8% d’une écologie « réaliste » et 17,2% d’une écologie « des solutions », plutôt apolitique.
Pour le multiculturalisme, il y a une mise en avant systématique de la diversité. « La totalité des déclarations est systématiquement favorable au multiculturalisme, c’est-à-dire qu’elle propose un éloge de la diversité, présentée comme une chance pour le pays d’accueil et une condition pour le développement d’une société plus harmonieuse. La fierté de sa culture ou de ses racines est considérée avec scepticisme quand ladite culture est française, mais fortement valorisée quand elle est étrangère » peut-on lire dans le rapport, et ce quelque soit les médias de l’audiovisuel public.
Concernant le traitement des personnalités politiques qualifiées de « libéral conservateur », l’hostilité est affichée et assumée. Parmi les déclarations faites sur les six chaînes de télévision et de radio publiques, 57% expriment une opinion défavorable à leur égard, 8% une opinion favorable et 35% une opinion neutre. La foi catholique du député européen François-Xavier Bellamy est, par exemple, moquée sur France Inter. Le RN est considéré unanimement comme un danger pour la démocratie et proche du nazisme, alors que les idées du Parti communiste, qui s’est « engagé aux côtés d’Hitler à l’occasion du Pacte germano-soviétique », connaissent un traitement favorable.
La promotion d’une déconstruction de la jeunesse
Les équipes de l’Institut Thomas More présentent ensuite plusieurs études de cas sur France Inter, l’émission Compléments d’enquête, la question de l’euthanasie – très largement promue par le groupe, ou encore les contenus de la plateforme France TV Slash, destinée aux jeunes.
Pour cette dernière, la cible officielle est le public de 18-30 ans, alors que de nombreux programmes sont destinés à des cibles plus jeunes, en mettant en scène des lycéens évoluant dans les problématiques de l’homosexualité, du féminisme, du racisme ou de l’oppression des minorités et y défendant toujours le progressisme.
Selon le think tank, l’obligation de pluralisme devrait être plus drastique en raison de la jeunesse du public, en citant l’article 1.1 4 de la Charte des antennes de France Télévisions, selon lequel « France Télévisions développe un ensemble de services qui, par leur diversité, contribuent au pluralisme des courants de pensée et d’opinion, permettant à tous les publics, et notamment à la jeunesse, d’exercer son libre choix entre des programmes qui garantissent l’expression des différents points de vue et analyses ».
Les différents programmes de cette plateforme ont été classés selon les qualifications suivantes : « Neutre » , « progressiste » et « conservateur ». Si 44% d’entre eux sont neutres, 56% sont considérés comme progressistes et 0% conservateurs. Les 56% des programmes qualifiés de progressistes contiennent systématiquement les concepts, idées ou représentations relevant de l’univers LGBTQIA+ , sans aucune contradiction directe ou indirecte. L’Institut relève un biais de représentativité par rapport au public alors qu’en France seuls 3,2% des personnes se définissent comme homosexuelles et 4,8% comme bisexuelles, selon une enquête IFOP pour la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais.
L’audiovisuel public se défend
Le rapport de l’Institut Thomas More a fait la Une du Figaro Magazine du 24 mai, pointant le manque de professionnalisme de l’audiovisuel public. Dans un communiqué , Radio France répond que ses équipes sont sensibilisées et mobilisées quotidiennement pour le respect du pluralisme. Le groupe public se défend en dénonçant une interprétation de la part de l’Institut Thomas More et les propres biais libéraux du think tank.
À quoi Jean-Thomas Lesueur a répondu qu’une recherche minutieuse et impartiale avait été conduite concernant les intervenants non-neutres, en étudiant leurs positions politiques ou idéologiques prises publiquement dans des livres, des médias ou sur les réseaux sociaux.
La mission du service public en question
En juillet 2023, Delphine Ernotte, présidente de France Télévision déclarait lors de son audition à l’Assemblée nationale : «Je tiens à dire qu’on ne représente pas la France telle qu’elle est parce que si on représentait la France telle qu’elle est, on aurait toujours 5% de femmes dans les expertes (…) mais on essaie de représenter la France telle qu’on voudrait qu’elle soit », montrant la volonté du groupe public de ne pas représenter la pluralité des opinions, mais cherchant plutôt à imposer les leurs. De son côté, la directrice de France Inter, Adèle Van Reeth, assumait sur le Figaro en mars 2024 sa ligne progressiste : «Les faits, c’est que nous sommes une radio progressiste, et nous l’assumons».
Pour l’Institut Thomas More, qui voulait montrer par cet exercice le danger de la catégorisation politique si elle était appliquée, « au terme de cette étude, nous croyons que l’ensemble des éléments présentés permet d’établir le constat solide et argumenté que l’audiovisuel public faillit à sa mission de pluralisme en ce qu’il ne diffuse pas équitablement les différents courants d’opinion ».

