Eugénie Bastié: «La tentation totalitaire du néoféminisme»
À force d’agréger, sous le nom de luttes contre le patriarcat, les combats dérisoires et les combats essentiels, le risque est de ne plus hiérarchiser les problèmes.
«On vous voit et on ne lâchera pas. Que la manière vous plaise ou… qu’elle ne vous plaise pas» a lâché, elliptique et menaçante l’inénarrable Sandrine Rousseau sur Twitter, à la fin d’un «fil» où elle dénonçait la manière dont les journalistes de «Quotidien» avaient questionné les femmes de La France insoumise sur l’affaire Quatennens. «On vous voit»… Qui est-ce «on»? qui est ce «vous»? Big sister is watching you… La communauté présumée des victimes et le flou accusatoire sont les clés d’un bon prêche.
Évidemment, la gifle de Quatennens n’a rien d’excusable, et les contorsions de La France insoumise à ce sujet contrastent avec leur dogmatisme lorsqu’il s’agissait de réclamer sans ambages la démission de Damien Abad! Bien sûr, les violences conjugales sont un problème dont la politique doit s’emparer. Mais, de la même manière que l’on peut vouloir lutter contre la pauvreté sans être communiste, on peut vouloir lutter pour l’amélioration du sort des femmes sans souscrire à l’idéologie néoféministe qui instrumentalise cette affaire pour imposer son agenda militant. Quelle est cette idéologie? Elle se résume en quatre points: le privé est politique, il existe un continuum entre toutes les violences, il faut croire les femmes, la radicalité est nécessaire pour faire advenir le changement. De beaux principes, mais qui peuvent mener à la spirale de l’épuration.
Le problème des violences sexuelles et sexistes est qu’elles se déploient dans l’intimité, sans témoins, et que le procès oppose souvent une parole à une autre. Pour solutionner ce problème ces féministes ont pris le parti de croire a priori les femmes.
