Smic et prix de l’essence - Par Philippe Charlez
Contrairement aux autres matières premières (acier, cuivre, blé…) diluées sous forme manufacturée dans les biens et les services, le gaz et le pétrole sont en prise directe sous leur forme (quasi) brute avec les consommateurs. Cette prise directe confère aux produits pétroliers un caractère d’instantanéité : contrairement aux prix des produits manufacturés, les prix à la pompe varient au jour le jour. De cette prise directe et cette instantanéité résultent des réactions émotionnelles où le ressenti l’emporte sur la réalité.
Alors que depuis 1960, les prix à la consommation ont été multipliés par 11, durant cette même période les prix des carburants ont été multipliés par 10,5. En comparaison, entre 1960 et 2020, le prix du pain et les loyers ont été multipliés par 20 soit le double de l’inflation. Quant au SMIC horaire, il a été multiplié par…40. En litres d’essences, un smicard est donc aujourd’hui quatre fois plus riche qu’au milieu des trente glorieuses.
En revanche, on ne peut pas en dire autant de toutes les catégories socio-professionnelles. Depuis 1960 si le salaire moyen de l’ouvrier français a progressé deux fois plus vite que l’inflation (soit deux fois moins vite que le SMIC), celui des cadres (salaire multiplié par 14 depuis 1960) ne dépasse que faiblement l’indice des prix. 4 Au cours des dernières décennies la précarité énergétique des plus modestes s’est donc largement réduite. Pourtant dans les faits de nombreux ménages rechignent à s’éclairer, à se chauffer ou à prendre des douches. La précarité énergétique n’est en rien liée aux prix de l’énergie mais à l’arbitrage du budget des ménages en faveur d’autres postes comme l’alimentation et surtout le logement dont les prix ont largement excédé l’inflation. En filigrane des prix trompeurs de l’énergie, l’amélioration du pouvoir d’achat demande d’aller bien au-delà d’un poste énergétique représentant finalement moins de 10% du budget des ménages. Une stratégie à l’opposé de celle du gouvernement dont le package pouvoir d’achat (plus de 50 milliards d’euros) a reposé à 80% sur des aides énergétiques.
En revanche, on ne peut pas en dire autant de toutes les catégories socio-professionnelles. Depuis 1960 si le salaire moyen de l’ouvrier français a progressé deux fois plus vite que l’inflation (soit deux fois moins vite que le SMIC), celui des cadres (salaire multiplié par 14 depuis 1960) ne dépasse que faiblement l’indice des prix. 4 Au cours des dernières décennies la précarité énergétique des plus modestes s’est donc largement réduite. Pourtant dans les faits de nombreux ménages rechignent à s’éclairer, à se chauffer ou à prendre des douches. La précarité énergétique n’est en rien liée aux prix de l’énergie mais à l’arbitrage du budget des ménages en faveur d’autres postes comme l’alimentation et surtout le logement dont les prix ont largement excédé l’inflation. En filigrane des prix trompeurs de l’énergie, l’amélioration du pouvoir d’achat demande d’aller bien au-delà d’un poste énergétique représentant finalement moins de 10% du budget des ménages. Une stratégie à l’opposé de celle du gouvernement dont le package pouvoir d’achat (plus de 50 milliards d’euros) a reposé à 80% sur des aides énergétiques.
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