Ordre public : les menaces sont devant nous… - Par Eric Delbecque
Incivilités, agressions, militants radicaux… Pour maintenir l’ordre public, la Lopmi prévoit la création de 8 500 postes de policiers et de gendarmes.
La Lopmi – la loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur – prévoit de créer onze nouvelles unités de forces mobiles (plus de 1 600 personnes) spécialisées dans l'intervention rapide pour mettre fin à des affrontements violents. Cette mesure dit quelque chose de déterminant sur l'évolution de nos sociétés depuis plus de vingt ans. Il n'est pas certain que l'on en mesure toute la portée.
Jusqu'à la fin de la présidence Sarkozy, l'ambiance était différente sur ce sujet de l'ordre public. On estimait que l'heure était venue du dégonflement des effectifs de la gendarmerie (mobiles) et de la police (CRS) dédiés au maintien de l'ordre. On prétendait la société pacifiée et on peut estimer que l'on raisonnait en la matière de façon parallèle à l'analyse géopolitique et de défense. Réduire le format et les crédits des armées s'appelait « bénéficier des dividendes de la paix » liés à la chute du bloc de l'Est. On fit le constat quelques années plus tard de l'erreur magistrale que l'on avait commise. La consécration de notre aveuglement stratégique relève désormais de la raclée conceptuelle avec l'affrontement russo-ukrainien. Même logique pour l'ordre public : la reconflictualisation de l'espace social en quelques années démontre la fragilité, la superficialité des « évaluations » antérieures.
