Nicolas Baverez: «Réinvestir dans le nucléaire»

Il s’agit d’une clé majeure pour assurer la défense, la souveraineté énergétique et la transition écologique de la France.


Le nucléaire, considéré comme une relique de la guerre froide au plan militaire et discrédité par l’accident de Fukushima au plan civil, effectue un retour en force avec
la guerre d’Ukraine. Elle réhabilite tant la dissuasion, indispensable pour répondre à la menace existentielle que la Russie fait peser sur l’Europe, que le nucléaire civil, sans lequel elle ne peut assurer ni sa souveraineté énergétique, ni sa transition climatique.

L’invasion de l’Ukraine valide l’efficacité de la dissuasion. La Russie, comme pour l’annexion de la Crimée en 2014, a sanctuarisé son agression et son territoire, en exerçant d’emblée la menace d’une escalade nucléaire.
À l’inverse, elle a veillé à éviter toute frappe sur un pays membre de l’Otan.
À la décision de Vladimir Poutine de mettre ses forces nucléaires en «régime spécial de combat» a répondu l’intensification des patrouilles aériennes et maritimes sans changement de posture de la part des alliés.


La France est le seul pays de l’Union à disposer de la dissuasion et assure 70 % de sa production électrique à partir du nucléaire qui garantit normalement son indépendance et une capacité d’exportation. Or il n’en est rien...