Pourquoi l'Etat pénalise-t-il les écoles indépendantes ? - Par Anne Coffinier


Le gouvernement reconnaît que l’école républicaine « n’est plus à la hauteur » mais interdit l’école à la maison et pénalise les écoles indépendantes dont le succès pourtant ne cesse de croître. 


Et c’est le président de la République qui le dit officiellement, en Sorbonne, devant les recteurs réunis : « L’école de la République française n’est plus à la hauteur ». On ne peut imaginer constat plus définitif et plus glaçant. Pire que la douche froide des résultats au test Pisa tous les trois ans. C’est un constat de décès tout ce qui a de plus officiel.

Va-t-on continuer comme si de rien n’était, et recourir encore et encore à de piètres remèdes de fortune ? Créer des observatoires, organiser des assistes nationales, recruter des armées d’enseignants insuffisamment qualifiés, changer les programmes, réviser encore le bac, trafiquer encore plus les notes ? Pour faire diversion, ira-t-on jusqu’à supprimer le COD et le COI, comme l’avait fait en 2016 Najat Vallaud-Belkacem ?

De cela, les élites ne se soucient plus véritablement car en quasi-totalité, elles ont déserté l’école publique à titre personnel. Il s’agissait de procurer à ses enfants un cadre d’études plus « serein », confesse benoîtement notre ministre de l’Education pour justifier son choix d’une école très privée, l’Alsacienne, pour ses enfants. Mais le bon peuple, lui, demeure piégé dans « la trappe à ignorance » de l’école publique, fidélisé qu’il est par la gratuité de ce mode d’instruction. Si l’objectif est l’égalité, n’y a-t-il pas un devoir impérieux à changer immédiatement d’approche, puisque notre système scolaire public est, preuves à l’appui, le plus inégalitaire d’Europe ? Si l’objectif est la performance académique, la condamnation est encore plus lapidaire. Nos prestations sont dans la moyenne basse de l’OCDE et parfaitement insuffisantes à l’heure de la société de la connaissance.