Virilité et barbecue: «Ce que révèle le mépris de certains écolos pour le “mâle blanc”» - Par Sami Biasoni

La députée écologiste EELV Sandrine Rousseau a lancé une polémique en affirmant que le barbecue était «un symbole de virilité». L'essayiste Sami Biasoni y voit une nouvelle preuve des paradoxes du mouvement woke.


Sami Biasoni est docteur en philosophie de l'École normale supérieure, professeur chargé de cours à l'ESSEC, co-auteur de l'essai Français malgré eux. Il publiera en septembre 2022 Malaise dans la langue française (dir.) puis Le statistiquement correct aux Éditions du Cerf.


On pensait avoir déjà suffisamment exploré l'épuisement de la vitalité politique française au moment de la pseudo-polémique portant sur la déclaration de Fabien Roussel en janvier dernier, lorsque ce dernier déclarait : «un bon vin, une bonne viande, un bon fromage: c'est la gastronomie française. Le meilleur moyen de la défendre, c'est de permettre aux Français d'y avoir accès». Cette phrase si banale, qui devrait continuer de nous rendre fiers de notre patrimoine, de nos savoir-faire et du bien-vivre à la française avait pourtant agité le Landerneau progressiste, Sandrine Rousseau en tête, cette dernière n'ayant pas manqué l'occasion de pointer l'aspect «excluant» du propos et de souligner que le plat préféré des Français était le couscous. Outre le fait que ni les chiffres de vente de plats à emporter ou de plats préparés, ni la plupart des sondages ne l'attestent – une étude Opinionway de 2016 ne le classe même qu'en 8e position derrière le magret de canard, la raclette ou le bœuf bourguignon –, il s'agit là d'une prise de position pollutive qui induit, à dessein ou inopinément, un décentrage fâcheux des termes du débat.


L'homme blanc hétérosexuel est le seul horizon de la nouvelle reductio ad hitlerum woke, et avec lui, selon les thèmes, son cortège d'alliés (les femmes occidentales, les homosexuels bourgeois, les néo-féministes qui refusent l'abrogation de la binarité de genre, etc.)

La séquence qui nous occupe n'est pas uniquement métaphorique ou symbolique, car ce qui se joue, c'est aussi la progression insidieuse de l'idée selon laquelle écologisme et libertés individuelles seraient irréconciliables