Luc Ferry: «Il faut cesser de traiter nos concitoyens comme des enfants à qui il faut faire la leçon en permanence»
Parler aujourd'hui d'écologie au singulier n'a guère de sens tant les mouvements qui s'en réclament sont multiples et opposés.De fait, l'écologie se divise désormais en sept grands courants : les "effondristes", qui tiennent la catastrophe pour inévitable ; les alarmistes révolutionnaires, héritiers de la critique marxienne du capitalisme, qui plaident pour la décroissance, comme les écoféministes, les décoloniaux et les véganes, qui considèrent la lutte pour l'environnement comme indissociable de celle pour le droit des femmes, des colonisés et des animaux ; les réformistes, qui pensent au contraire que la solution se situe dans la croissance verte et le développement durable. Viennent enfin les partisans de "l'écomodernisme" et de l'économie circulaire, que je défends ici.Ce livre analyse les idées, les convictions et les propositions qui animent ces différents mouvements, mais propose aussi une alternative écomoderniste à l'écologie punitive, une vision du monde qui esquisse enfin un grand dessein enthousiasmant pour une humanité réconciliée avec elle-même comme avec sa planète.L.F.
«Il faut cesser de traiter nos concitoyens comme des enfants à qui il faut faire la leçon en permanence»
Pour Pascal, rappelle le philosophe, « la vraie morale se moque de la morale »
Dans le domaine écologique, faut-il moraliser pour mobiliser ?
Non, c’est à la fois démagogique et inefficace. A l’opposé des fondamentalismes verts, théoriciens de la décroissance et d’une écologie culpabilisante, moralisatrice et punitive, l’écologie que je défends dans mon dernier livre, celle du courant « écomoderniste », propose un projet qui repose sur l’intelligence et l’intérêt bien compris. Il propose une alternative à la décroissance que William McDonough et Michael Braungart. un architecte américain et un chimiste allemand, présentent de manière remarquablement argumentée et forte dans leur livre intitulé Cradle to Cradle, du berceau au berceau, créer et recycler à l’infini (traduit chez Gallimard en 2012). Comme y insiste McDonough, « la nature n’a pas de poubelles », la notion de déchet n’y a aucun sens, tout y est recyclable,de sorte qu’en la prenant sur ce point pour modèle, on pourrait réduire les coûts et faire des profits, ce qui rendrait l’écologie autrement plus réaliste et plus acceptable pour les entreprises que les admonestations moralisatrices en faveur de la décroissance.
Non, c’est à la fois démagogique et inefficace. A l’opposé des fondamentalismes verts, théoriciens de la décroissance et d’une écologie culpabilisante, moralisatrice et punitive, l’écologie que je défends dans mon dernier livre, celle du courant « écomoderniste », propose un projet qui repose sur l’intelligence et l’intérêt bien compris. Il propose une alternative à la décroissance que William McDonough et Michael Braungart. un architecte américain et un chimiste allemand, présentent de manière remarquablement argumentée et forte dans leur livre intitulé Cradle to Cradle, du berceau au berceau, créer et recycler à l’infini (traduit chez Gallimard en 2012). Comme y insiste McDonough, « la nature n’a pas de poubelles », la notion de déchet n’y a aucun sens, tout y est recyclable,de sorte qu’en la prenant sur ce point pour modèle, on pourrait réduire les coûts et faire des profits, ce qui rendrait l’écologie autrement plus réaliste et plus acceptable pour les entreprises que les admonestations moralisatrices en faveur de la décroissance.

