Vaccin, crise énergétique : Français, O-BE-I-SSEZ ! - Par Patricia de Sagazan

Comme lors du Covid, le gouvernement aime à manier la carotte et le bâton pour faire face à la crise énergétique, constate Patricia de Sagazan. Aux grands maux le même remède : l’infantilisation.


Découvrir un petit bout de France fait partie des multiples bonheurs du reportage. Contourner les villes via les ZAC bétonnées, traverser les zones pavillonnaires, puis s’enfoncer dans la campagne en fendant à 80 km/h les départementales en lacet, coincée comme une merguez entre un camion et un tracteur, qu’on espère en vain voir bifurquer à chaque village traversé. Puis sentir le pouls de ses habitants en commandant un galopin dans un des bistrots qui jouxte l’église, point névralgique de tout village français. Il est onze heures, celle du petit jaune. Celui que s’autorise le retraité pour voir les copains et la France qui se lève tôt comme carburant. Dédé est en verve : « L’autre il nous dit que c’est la fin de l’abondance et qu’on va être rationné si on met pas notre chauffage à 19 ! Non mais il croit qu’on l’a attendu celui-là. Il nous prend encore pour des gosses ! », s’esclaffe-t-il une pipe entre les dents, son rire étouffé par une vilaine toux.

Aux grands maux les mêmes remèdes. Comme lors de la crise du Covid, le ton d’Emmanuel Macron est martial. Aux confinements et couvre-feu s’ensuivent désormais les menaces brandies de rationnement, de pénurie et de pays plongé dans l’obscurité et le froid. C’est l’heure de la « grande bascule », du monde d’après et de ses lendemains qui déchantent. Du sang et des larmes en somme, qu’en père protecteur de la nation il évitera à son peuple via de multiples boucliers, si celui-ci lui obéit.