Iran : les méthodes glaçantes du régime pour faire passer les opposants pour des "fous" - Par Alix L'Hospital
Deux ans après la mort de Mahsa Amini, la répression se poursuit et avec elle, la pathologisation des voix dissidentes. Mais derrière cette propagande se cachent de véritables enjeux de santé mentale, passés sous silence par le régime des mollahs.
Grimer le courage en folie. Pour s’être déshabillée au milieu du campus de l’université Azad de Téhéran, le 2 novembre, après avoir été harcelée sur sa tenue, Ahou Daryaei, une étudiante en littérature française et mère de deux enfants, a été transférée dans un "centre de soins spécialisés", selon un communiqué de l’ambassade iranienne à Paris. Les images de cette femme de trente ans, défiant le régime en sous-vêtements, pieds nus, ses longs cheveux sombres dégringolant dans son dos ont fait le tour du monde. Deux ans après la mort de la jeune kurde iranienne Mahsa Amini, tuée en détention pour un voile mal porté, elle est devenue l’un des nouveaux visages du mouvement "Femme, Vie, Liberté". Mais pour le régime islamique et ses relais, son geste s’expliquerait par une "fragilité psychologique".Avant elle, il y a eu l’actrice Afsaneh Bayegan, condamnée à deux ans de prison avec sursis en juillet 2023 et forcée de se rendre dans un "centre psychologique" une fois par semaine pour "traiter son trouble mental de la personnalité antifamiliale". Elle s’était montrée en public sans se couvrir la tête. La comédienne Azadeh Samadi, quant à elle, s’est vue attribuer par les juges un "trouble de la personnalité antisociale", contrainte de suivre une "thérapie". Elle avait arboré un chapeau plutôt qu’un voile lors d’un enterrement. Malgré les appels de professionnels de la santé internationaux dénonçant l’instrumentalisation faite par le régime du champ de la psychiatrie, il y en a eu d’autres. Roya Zakeri, Azam Jangravi… Des femmes, mais aussi des hommes comme Saman Yasin, un rappeur kurde arrêté pour avoir apporté son soutien aux manifestants anti-régime et interné à l’hôpital psychiatrique d’Aminabad à Téhéran où il aurait été torturé et contraint de se confesser.
Iran : les méthodes glaçantes du régime pour faire passer les opposants pour des "fous" – L'Express
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