Alain Bauer: «L’inéluctable retour de l’ordre, mais quel ordre ?»
Pour le criminologue, « il faudra choisir entre l’ordre criminel, l’ordre autoritaire extrême ou l’ordre républicain garantissant démocratie et libertés »
Il y a vingt-cinq ans, l’auteur de ces lignes publiait : « Il n’est pas de jour qui ne connaisse sa moisson d’actes de violence touchant villes, réseaux de transports urbains, écoles, HLM...». J’ajoutais alors : « Ces événements ne sont pas nouveaux. La délinquance évolue, se répète, se déplace et se renouvelle. Durant quatre siècles, une véritable extinction des crimes de sang (de plus de 100 pour 100 000 habitants à moins de 2 pour 100 000) a été enregistrée. La ville a civilisé le crime. Cependant, au fil des ans, des phénomènes récurrents apparaissent. Bandes de mineurs délinquants des faubourgs («Apaches» au début du dernier, «Blousons noirs» ou «Loubards» après la Seconde Guerre mondiale), criminalité sur la première ligne du métro dès son ouverture, en 1900, développement de la toxicomanie (100 000 cocaïnomanes à Paris en 1921) ». Rien, aujourd’hui, n’empêche vraiment la réimpression de ce texte.En pire. Inexorablement, au fil des vingt dernières années, avec un pic récent entre 2020 et 2022, une nette aggravation des violences physiques, notamment ce que l’on appelle les « homicidités » (homicides et tentatives) a été enregistrée par les services publics. Toutes les enquêtes, sondages, relevés d’incidents, viennent confirmer ces éléments concordants issus de toutes les organisations professionnelles, sportives, médicales, sociales, éducatives.
