Emeutes: responsabilité individuelle et autorité - Par Raphaël Legendre et Nicolas Beytout


Alors que le niveau et l’ampleur des violences semblaient reculer, on peut commencer à regarder autrement l’épisode de chaos que le pays vient de traverser. De John Stuart Mill à Friedrich Hayek, en passant par Ayn Rand, les grands penseurs libéraux nous apportent quelques enseignements utiles face au chaos qui vient d’emporter le pays..

Emeutes: il faut engager la responsabilité individuelle


De John Stuart Mill à Friedrich Hayek, en passant par Ayn Rand, les grands penseurs libéraux nous apportent quelques enseignements utiles face au chaos qui vient d’emporter le pays. Entre autres, que toute société ordonnée, prospère et propice à l’épanouissement de ses membres repose sur un diptyque fondamental qui mériterait d’être rappelé au frontispice de toutes les écoles et de toutes les mairies : pas de liberté collective sans responsabilité individuelle. Une vérité qui, en France, s’est perdue dans les effluves toxiques du collectivisme. Cela doit changer.

Depuis l’Elysée, où il a reçu les 250 maires des communes victimes de violences, Emmanuel Macron a promis une loi d’urgence « pour écraser tous les délais, (…) pour reconstruire beaucoup plus vite », doublée d’un engagement de la puissance publique à « mieux responsabiliser et parfois mieux sanctionner » les parents d’enfants auteurs de violences.

Mais à l’heure des comptes - plus d’un milliard d’euros de dégâts au bas mot - notre responsabilité collective n’est-elle pas avant tout de placer les émeutiers, aussi jeunes soient-ils, face à leur propre responsabilité individuelle ? C’est ce qu’a fait Olivier Becht il y a quinze ans. Alors fraichement élu maire d’une commune moyenne de 15 000 habitants, celui qui est aujourd’hui ministre au Commerce extérieur a annoncé un changement de jurisprudence dans les quartiers : tout bien public dégradé ne sera plus ni réparé ni remplacé. Pendant trois ans, l’environnement s’est dégradé. Les riverains se sont plaints. Jusqu’à ce que la poignée de casseurs, connus de tous et pressés par la collectivité, acceptent de mettre eux-mêmes la main à la patte pour reconstruire leur quartier en échange de l’abandon des poursuites judiciaires. Dix ans plus tard, plus aucun problème dans ces quartiers où 200 véhicules brûlaient chaque année. A méditer.

Emeutes: il faut engager la responsabilité individuelle - l'Opinion (lopinion.fr)

Après les émeutes, l’autorité plutôt que les milliards


Une semaine après la mort d’un jeune, victime d’un tir policier, et alors que le niveau et l’ampleur des violences semblaient reculer, on peut commencer à regarder autrement l’épisode de chaos que le pays vient de traverser.

D’abord, un constat : à chaque crise, le niveau de violence progresse ; à chaque poussée de fièvre, la contagion s’étend un peu plus, jusque dans de petites villes du territoire.

Ensuite, un non-dit : les auditions des émeutiers arrêtés et jugés le prouvent, si elles sont constituées pour la quasi-totalité d’enfants d’immigrés, les bandes ont en réalité rapidement utilisé la mort d’un des leurs comme un prétexte pour piller, détruire, saccager. La colère des premières heures a servi de carburant pour allumer un incendie que l’appât du gain et la jouissance à détruire ont ensuite alimenté. Ce n’est donc pas du côté d’une faillite de l’Etat ni d’un quelconque manque d’aides publiques qu’il faut principalement chercher les causes de ces spasmes de violence, mais du côté de l’effondrement des valeurs, de la crise de l’autorité et de la démission parentales. Et ce n’est pas à coup de milliards d’euros déversés sur les « quartiers » qu’on résoudra le problème, mais en responsabilisant, y compris par la contrainte, tous ceux (familles, éducateurs, religieux) qui doivent avoir une influence sur la conduite des pillards.

Enfin, une évidence : cette séquence paroxystique a fait glisser le pays un peu plus à droite encore. Et s’il est clair que Marine Le Pen en bénéficie, la gauche, sous la férule de la Nupes, a en revanche réussi la contre-performance absolue, faite de divisions et d’ambiguïtés avec les émeutiers. A l’inverse, la maîtrise avec laquelle Emmanuel Macron a géré la crise, avec son ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, pourra lui permettre de rebondir. Et de fixer un cap pour l’après-Cent jours.