Faut-il "dissoudre" la Police : l'exemple américain - Par Alix L'Hospital et Jukka Savolaine

Après la mort de Nahel, certains militants prônent la dissolution de corps des forces de l’ordre, sans tirer les leçons du mouvement "defund the police" aux Etats-Unis.

"Dissoudre" la police ou réduire ses moyens ? Aux Etats-Unis, l’expérience a mené au fiasco

Par Alix L'Hospital

"La France vit son moment George Floyd", jugeait le magazine américain Newsweek quelques jours après la mort de Nahel, tué par un tir policier le 27 juin, à Nanterre. Le parallèle avec la situation américaine a parfois été poussé jusqu’à l’absurde, notamment concernant le racisme que certains jugent "systémique". Mais si la France charrie son lot de travers, elle n’est pas l’Amérique, où le racisme institutionnalisé a longtemps perduré, au point d’avoir durablement marqué l’organisation de sa société. Reste qu’une partie de la gauche militante française semble inscrire ses revendications dans le sillage du slogan "Defund the police" (Cessez de financer la police), porté par le mouvement Black Lives Matter après la mort de George Floyd lors d’une interpellation policière, en 2020. Le principe : réduire les financements des forces de l’ordre, voire en supprimer certains corps, jugés violents ou racistes.

En France, ces propositions sont majoritairement soutenues par la sphère anticapitaliste, qui considère la police comme le bras armé du pouvoir. Chaque bavure policière étant l’occasion de remettre une pièce dans la machine. Le syndicaliste Anasse Kazib, à la tête du mouvement Révolution permanente, prône ainsi la dissolution des corps spéciaux dont la BAC, la Brav-M, les CRS, ou encore la gendarmerie.

"Dissoudre" la police ou réduire ses moyens ? Aux Etats-Unis, l’expérience a mené au fiasco - L'Express (lexpress.fr)

Violences policières : ce que les sciences sociales américaines font de pire

Aux États-Unis, les recherches sur un prétendu « racisme » de la police révèlent de graves biais de sélectivité partisane. Démonstration avec un cas manifeste de censure académique.

Par Jukka Savolainen* pour Quillette** (traduction par Peggy Sastre)

En 2020, cinq psychologues demandaient au comité éditorial des PNAS de retirer leur étude mesurant les biais raciaux dans les tirs mortels de la police américaine. Les PNAS, à savoir les Actes des académies américaines des sciences, comptent parmi les revues pluridisciplinaires les plus prestigieuses au monde. Le retrait d'un article est une issue que tout chercheur préfère éviter tant elle est synonyme de graves erreurs méthodologiques et constitue une sérieuse atteinte à sa réputation.

Aucune étude n'est parfaite. La réfutation – soit le processus consistant à invalider des travaux antérieurs – est une étape parfaitement normale du progrès scientifique. Reste que le retrait d'une étude ne signifie pas forcément qu'elle soit fausse ou mal fagotée. Parmi les raisons les plus courantes, on peut citer la falsification et la fabrication de données ou la présence d'une erreur fondamentale dans l'analyse.

Dans le cas qui nous occupe, pourquoi est-ce que Johnson, Tress, Burkel, Taylor et Cesario ont demandé le retrait de leur étude ? Parce qu'ils avaient bidonné leurs données ? Parce que leur analyse était gravement erronée ? Non, deux fois non.


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