
Pour tous les nostalgiques des valeurs attribuées à l'Ancien Régime - honneur, noblesse, grandeur d'âme, fidélité, courage -, elle incarne une de ses manifestations les plus éclatantes au XIXe siècle et figure en bonne place dans le panthéon contre-révoltionnaire féminin, aux côté de Marie-Antoinette er de Charlotte Corday. Issue de la branche des Bourbons de Naples, veuve du fils du comte d'Artois (futur Charles X), assasiné en 1820 par un illuminé bonapartiste, mère du dernier desendant de la branche aînée des Bourbons, femme libre mais attachée aux traditons, chrétiennemais non dévote, la duchesse de Berry (1798-1870) tenta de soulever le Vendée en 1832 contre "l'imposteur" Louis-Philippe d'Orléans, parvenu sur le trône grâce à une révolution - les Trois Glorieuses. L'échec de son entreprise, que certains comparent à celle, aussi désespérée et aussi romanesque, de Maris Stuart, trois siècle plus tôt en Angleterre, n'empêcha pas le courant royaliste légitismiste d'en faire une icône, célébrant sa geste comme l'ultime baroud d'honneuir d'une cause ultra condamnée par l'histoire... et la disparition de son fils, le colmte de Chambord, mort sans héritier en 1883.
EXTRAIT
"Sous une Restauration terne en figures viriles énergiques et courageuses, la duchesse de Berry, Madame Royale - l'orpheline du Temple dont Napoléon dira qu'elle fut le "seul homme" chez les Bourbons - ou encore la merveilleuse Félicie de Duras, comtesse Auguste de lLa Rochejaquelein, qui courait la Vendée pistolet au poing, dénotent par leur goût de l'action et leur courage physique. Tandis que les grandes figurent féminines libérales de la Restauration - Mme de Staël, Mme Récamier et la comtesse de Boigne - oeuvraient dans les salons, la duchesse de Berry, qui n'avait pas d'esprit, prouva qu'on pouvait être une femme éprise en même temps de tradition et de liberté.