«Pourquoi l'Europe doit s'inspirer du modèle australien contre l'immigration illégale» - Par Pierre-marie Sève

Face au flux important de migrants, l’Australie a opté pour une politique migratoire stricte depuis une vingtaine d’années. Des mesures pragmatiques et populaires qui pourraient inspirer l'Europe, estime Pierre-Marie Sève, directeur de l’Institut pour la Justice.

Pierre-Marie Sève est directeur de l'Institut pour la Justice, une association œuvrant à une réforme de la Justice et à la lutte contre la criminalité.

Une mer à traverser, des milliers de migrants venus de pays en développement, des trafiquants d'êtres humains sans foi ni loi: voici une situation qui semble toute familière aux Européens depuis quelques années et qui semble parfois insoluble. C'est également la situation qu'a connue l'Australie en 2001. Pourtant, dans ce cas précis, l'Australie a réussi à pratiquement éradiquer toute immigration illégale grâce à un modèle ambitieux, iconoclaste et controversé. Sa ligne dure fait désormais figure de modèle.

Tout a commencé en septembre 2001 lorsqu'un signal de détresse est détecté au large de l'Indonésie. Un bateau cargo norvégien répond à l'appel et embarque à son bord 400 réfugiés qui se trouvaient sur un navire de pécheurs, principalement des hommes afghans. Alors que le navire met le cap sur l'Indonésie voisine, une délégation de réfugiés se rend dans la cabine du capitaine et le convainc de plutôt rejoindre l'Australie, qui possède non loin de là une minuscule île, l'île Christmas.

Le capitaine norvégien accepte et demande aux autorités australiennes l'accès au port. Et c'est là, avec le refus des autorités australiennes, que l'affaire «Tampa» commence. Grâce aux médias, le public australien assiste, pendant plus d'une semaine, au bras de fer entre le gouvernement australien et l'équipage du Tampa. John Howard, le premier ministre libéral refuse toute concession, malgré un flot quasi unanime de critiques du monde entier. Sa ligne est résumée par ces mots qu'il prononce à la télévision: «Nous déciderons qui entrera en Australie et dans quelles circonstances »


En 2010, soit près de dix ans après le début de l'opération, 62% de la population soutenait toujours la « Pacific Solution » (qui a changé de nom en 2013).

Plusieurs dizaines de députés européens ont appelé à la mise en place de la ligne australienne en 2021.