Vers un délit de climato-scepticisme ? - Par Eric Delcroix

Le site activiste de Reporterre nous apprend que, le 19 juillet, à l’Assemblée nationale, s’est tenue une réunion transpartisane, toutefois sans représentant des Républicains (LR) ni du Rassemblement national (RN), pour travailler contre le climato-scepticisme. Des auditions, lit-on, débuteront en septembre, ayant pour objet d’élaborer une proposition de loi avant la fin de l’année. Rappelons que l’Assemblée nationale s’était donnée le ridicule de recevoir Greta Thunberg en 2019, parodie du Christ enfant faisant la leçon aux prêtres du Temple… Voilà une perspective particulièrement inquiétante de la déraison et de l’inflation législative.

Une loi « relative au traitement médiatique des enjeux environnementaux »

Toute intervention du législateur en matière de « traitement médiatique » d’un sujet grave, de liberté de pensée, de recherche ou d’opinion, est de mauvais augure. Le Premier amendement de la constitution américaine a l’avantage, à cet égard, d’énoncer que le Congrès des États-Unis « s’interdit de légiférer » en matière de liberté d’expression… Alors qu’en France les lois Pleven (1972), Fabius-Gayssot (1990) ou Perben II (2004) nous ont démontré l’indifférence, couverte par le bavardage et la casuistique, de la classe médiatico-politique et de l’intelligentsia à cette liberté, théorisée au Temps des Lumières, de Voltaire à Kant. Nouvel ordre moral oblige…

Le travail entrepris par les parlementaires impliqués devra préparer de nouveaux carcans pour contrôler le « traitement médiatique des enjeux environnementaux », alourdissant les prérogatives idéologiques de l’Arcom (ex-CSA, qui fait déjà la police politique des ondes, radios et télévisions) y compris sur Internet ainsi que dans les campagnes électorales et la déontologie des journalistes. Bien sûr, tout cela en bien-pensance pour lutter contre les « fausses informations ». Qui dira le faux du vrai, Galilée ou le pape ? Maintenant, le GIEC (Groupement international d’experts sur l’évolution du climat) sous l’égide de l’ONU.

Une ambiance délétère pour les libertés publiques achève de nous perdre dans le bourbier de la Vérité, de la vérité officielle, définie par le GIEC, l’Union européenne, le législateur, les juges et les groupes de pression qui veulent l’assomption du Bien. Hors de tout débat libre, nous sommes de plus en plus enjoints de justifier de la conformité de nos idées et de nos sentiments (cf. l’instrumentalisation de la « haine », importée d’Amérique et légalisée depuis la loi Pleven précitée). La Vérité est de retour derechef et, comme toujours, de l’Inquisition à Lénine et jusqu’à la dictature woke, elle est officielle. La Vérité ou la prison !