France : Évitons la fuite des cerveaux - Par Clément Perrin et Udo Le Quéau

La politique migratoire française souffre d’une incohérence : nous importons des travailleurs moins qualifiés que les nationaux, et nous exportons des travailleurs mieux qualifiés. Alors que les superpuissances américaine et chinoise, les États-nations anglo-saxons et est-asiatiques ainsi que les multinationales se livrent une guerre mondiale des cerveaux, notre pays en déclin éducatif n’arrive pas à enrayer la fuite de ses cerveaux. A terme, cette situation conduira à la tiers-mondisation de notre société.

La France face à la fuite de ses cerveaux

La France a perdu de son attractivité pour ses jeunes talents. Au premier abord, le solde migratoire français peut sembler positif puisqu’il est passée de 56 800 en 2008 à 161 000 en 2023 selon Statista. Seulement, les Français quittent de plus en plus l’Hexagone. Notre pays connait une vague d’émigration forte, avec une augmentation des départs annuels de 160 000 à 270 000 entre 2006 et 2018. Depuis 2014, la France a atteint un point de non-retour puisque le solde migratoire annuel des personnes nées en France est proche de -160 000. Une situation dramatique car ces départs concernent principalement des jeunes actifs diplômés de l’enseignement supérieur qui préfèrent s’installer dans d’autre pays de l’Union européenne ou au Royaume-Uni.

Certes, la France perd ses talents mais son taux d’émigration figure parmi les moins élevés de l’OCDE. Si notre pays offre des opportunités professionnelles intéressantes, la corrélation faite par Indeed entre le PIB/habitant et le taux d’attractivité illustre le décrochage français. Sans avoir réussi à s’adapter à la mondialisation et la compétition économique, la France a favorisé la fuite de ses cerveaux vers des pays plus attractifs et n’a pas permis aux entreprises tricolores de recruter des talents étrangers en masse. Par ailleurs, la France est retard dans plusieurs domaines tels que la science.