Race, genre… Faut-il déconstruire la science ? - Par Gérard Panczer

Le physicien Gérard Panczer dénonce l’intrusion d’idéologies raciales, décoloniales ou intersectionnelles, qui, au nom de la lutte contre les discriminations, risquent de politiser les sciences dures.


Ces dernières années, les comités éditoriaux de revues scientifiques internationales publient et donnent la parole à des chercheuses et chercheurs en sciences dures revendiquant une visibilité, une prise en considération des minorités de genre, "raciales", ethniques et sexuelles, et dénonçant des discriminations au sein des STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques ; STEM en anglais).

Dès 2013, un article (Ko et al.) présentait, dans une analyse critique, le parcours et l’expérience de chercheuses de couleur, "en utilisant la théorie de l’intersectionnalité et l’analyse narrative" et en montrant "la façon dont l’intersection du genre et de la race affecte la performance, l’identité, la persévérance et les expériences globales de carrière et d’éducation dans les sciences physiques". Kozlowski et al. (2022) font le constat par analyse biométrique que la communauté des chercheurs américains composée "d’hommes blancs" n’est pas représentative de la population, et que si la plupart des études se sont penchées "sur la race ou le sexe", elles ne tiennent pas compte "de l’intersection de ces variables".

Certains considèrent donc que "les efforts visant à établir et à réduire les préjugés dans l’édition savante demanderont aux auteurs, aux critiques et aux éditeurs de divulguer leur race ou leur origine ethnique" (Else & Perkel, 2022).