Pierre Lellouche : «L’Otan ne sait pas quoi faire de l’Ukraine»


Pour l’ancien président de l’Assemblée parlementaire de l’Otan, Pierre Lellouche, le dernier sommet de l’Otan à Vilnius n’a «rien réglé» quant à l’avenir de l’Ukraine. S’il a consacré en apparence le triomphe des États-Unis, des problèmes considérables restent irrésolus.


En matière diplomatique, les apparences sont souvent trompeuses. Le récent sommet de l'Otan à Vilnius ne fait pas exception à la règle. Bien au contraire. Présentée comme le triomphe de l'unité transatlantique, la preuve de l'extraordinaire vitalité d'une alliance qui célébrera ses 75 ans l'an prochain, la grand-messe de Vilnius cache mal les fissures profondes apparues entre les alliés et surtout les incertitudes considérables qui pèsent tout autant sur la poursuite de cette guerre que sur le devenir de l'alliance elle-même. Les apparences d'abord. À court terme, Vilnius marque incontestablement le succès, le triomphe même, de l'Amérique de Biden, confirmant la formule de Richelieu qui veut que le puissant, par définition, ait toujours la raison de son côté.

Plus que jamais, Biden, qui s'est imposé depuis un an et demi, comme le chef de guerre de «l'Occident collectif» face à Poutine, décide de tout: des armes qui sont livrées à Kyiv, de leur calendrier et même de leur emploi. C'est Biden qui impose son veto à l’entrée de l’Ukraine dans l'Otan, une adhésion pourtant ardemment revendiquée par Zelensky et ses soutiens les plus proches dans les États baltes, en Pologne, et désormais en France.


La porte de l'Otan reste toujours close pour l’Ukraine, du moins pour l'instant, et à tout le moins tant que durera le conflit, car il est hors de question d'entrer en guerre contre la Russie en mettant en œuvre la garantie de sécurité collective prévue à l'article 5 de la Charte de l'Atlantique Nord.

Commencée il y a six semaines, la contre-offensive, comme il était prévisible, marque le pas, confirmant le fait qu'aucun des belligérants n'est en mesure de prendre l'ascendant sur l'autre.