Samuel Fitoussi: «CNews et Europe 1, pour Pap Ndiaye, le pluralisme nuit à la démocratie»
Le 9 juillet, le ministre de l’Éducation nationale a affirmé que CNews et Europe 1 constituaient une «menace pour la démocratie». Alors qu’il a réitéré ses propos devant les députés, Samuel Fitoussi s’inquiète des contestations de plus en plus fréquentes des principes de la démocratie libérale.
Le 14 mai dernier, Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie les Verts, avait affirmé que les défilés «néo-nazis» dans les rues (principal problème de notre pays) seraient «la conséquence du fait que sur CNews et dans Valeurs Actuelles, on laisse cette idéologie prospérer.» Admettons qu'il existe un lien entre les discours dans les médias et la violence dans notre pays: ne devrait-on pas interdire de parole les membres de la Nupes? La semaine dernière, la France a connu plus de 12.000 incendies sur la voie publique, 5.000 voitures brûlées, 1.000 bâtiments détruits ou incendiés. Or Jean-Luc Mélenchon a appelé à épargner les «écoles, bibliothèques et gymnases» - donnant implicitement son aval pour le reste, légitimant ainsi les violences sur les forces de l'ordre (808 policiers ont été blessés). Plusieurs députés LFI ont refusé d'appeler au calme, attisé la colère, («la police tue», selon Louis Boyard) ou rendu visite à des émeutiers en garde à vue pour leur apporter un soutien moral. Notons que des bars LGBT ont été pris pour cible par des émeutiers, qui avaient sans doute trop regardé l'heure des Pros sur CNews ou lu d'éditos de Geoffroy Lejeune dans Valeurs Actuelles.
Ajoutons qu'il existe une certaine ironie à voir le débat public focalisé sur quelques médias privés de sensibilité de droite, alors que le directeur des antennes et des programmes de France Télévisions - à la tête d'une équipe de 450 personnes et d'un budget public de 1 milliard d'euros - est un militant d'extrême-gauche. Il s'agit de Stéphane Sitbon-Gomez, «petit-fils et fils de militants de gauche plus rouge que rose» selon Libération, «enfant de l'écologie politique radicale» selon L'Express, qui a passé treize ans au Parti écologiste, a dirigé en 2012, la campagne présidentielle d'Éva Joly, a critiqué le tournant social-démocrate de François Hollande («on m'a appris qu'un socialiste, ça trahit toujours») et manifesté, à l'appel de Jean-Luc Mélenchon, en faveur d'une VIe République en 2013.
