Emeutes : «Ces émeutes nous rappellent l’importance des pères et de la famille dans l’éducation» - Par Chantel Delsol
L’aveuglement sur le rôle des familles explique pour beaucoup la forte présence de jeunes parmi les émeutiers. Dans une démocratie, l’éducation à la liberté est fondamentale, et seuls les parents peuvent la dispenser.
La démocratie ne tire pas sur les émeutiers. Elle peut être la cible de voyous qui pillent, cassent, tentent de tuer tout ce qui touche à l’autorité, elle répond en maîtrisant sa force. Des pays comme la Turquie, l’Iran, la Russie, la Chine, confrontés aux mêmes violences, auraient depuis longtemps répondu par des tirs et des exécutions. Ici, on attend patiemment que la colère passe.
Apprendre à un enfant à «s’empêcher»
Croit-on que cette exception démocratique s’établit par hasard? Ou par la seule volonté de modération et de tolérance d’une certaine culture, la nôtre, une culture débonnaire? Non. Cette exception démocratique a été rendue possible, au fil des siècles, par une éducation à la liberté. Les deux ont grandi ensemble et se sont justifiées l’une par l’autre: l’éducation à la liberté, et la culture démocratique. Pour que la démocratie soit possible, il faut qu’une société soit habitée, non par des sujets immatures, mais par des citoyens qui, comme disait Camus, «s’empêchent». Autrement dit, si la démocratie est un régime qui maîtrise sa force (qui ne tire pas sur les foules), c’est parce que ses citoyens ont appris à maîtriser leur force - à poser des limites à leur propre liberté, ce qu’on appelle l’autonomie.
