Jean-Éric Schoettl: «Les policiers ne sont pas au-dessus des lois, les juges non plus»
«Nul n’est au-dessus des lois», a déclaré Emmanuel Macron à propos de la mise en détention provisoire d’un policier. Mais, si les forces de l’ordre ne doivent pas échapper aux règles de droit, il importe que les juges ne les traitent pas comme des voyous, explique l’ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, qui plaide pour un traitement pénal adapté des policiers.
Les policiers ne sont pas au-dessus des lois. C’est incontestable, surtout pour des dépositaires de l’autorité publique, astreints à l’exemplarité. Toutefois, s’agissant des quatre agents de la brigade anticriminalité de Marseille mis en examen pour «violences en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique, ayant entraîné une interruption temporaire de travail supérieure à huit jours», commises lors des émeutes ayant dévasté le centre-ville dans la nuit du 1er au 2 juillet, ce truisme doit être complété par deux autres évidences.
En premier lieu, il n’est pas illégitime, dans un État de droit, de questionner la façon dont le juge applique la loi. Si nul n’est placé au-dessus de la loi, c’est particulièrement vrai des magistrats, dont on attend qu’ils appliquent les textes avec exactitude, impartialité et équanimité…
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