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Chantal Delsol-Francis Wolff: «L’universalisme est-il une idée occidentale?»


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LE FIGARO.- Chantal Delsol, vous jugez que l’universalisme occidental est sévèrement affaibli et critiqué par les cultures d’autres pays. Qu’est-ce que, pour vous, être universaliste?
Chantal DELSOL. - Il existe un universel, celui de la condition humaine - ce que l’anthropologue Marcel Mauss appelle «le roc»: le genre, la filiation, la vie et la mort. Il y a aussi un universel moral, certes très général: le bien c’est le lien, le mal c’est la séparation, et ce partout dans le monde. Mais l’universalisme, c’est l’universel qu’on veut imposer. Dans ce sens-là je ne suis pas du tout universaliste. Nous avons tous des croyances: personnellement je suis chrétienne, donc je crois que l’individu a une dignité propre, mais ce n’est pas le cas des Chinois par exemple, qui considèrent d’abord les masses. Je n’ai pas l’ambition d’imposer la croyance que je porte, mais je crois qu’elle est une promesse. C’est un universel au bout du chemin, un horizon régulateur. Chacun peut y aller tout seul, à son rythme.
Francis WOLFF. - La première objection qu’on peut faire à l’universalisme, c’est de dire qu’il ne s’agit que d’un particularisme déguisé. L’universalisme a souvent servi de prétexte à des opérations de conquête: «Nous sommes porteurs des valeurs universelles, eux sont les barbares ou les païens». Mais on peut répondre que, inversement, tous les mouvements d’émancipation (contre l’esclavage, les privilèges, le racisme) se sont faits au nom de valeurs réellement universelles: l’égalité et la réciprocité.
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