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En prison pour avoir défendu sa propriété

Depuis plus d’une semaine Jean-Louis Leroux dort en prison.

Cet agriculteur a été mis en examen pour tentative d’homicide volontaire parce qu’il a tiré sur un cambrioleur.

Les faits remontent à la nuit du 31 janvier au 1er février. Prévenu d'une intrusion dans sa propriété par une alarme antivol, l'éleveur prévient la gendarmerie et se rend sur place, accompagné de son frère. Là, les deux hommes, armés de fusils de chasse, surprennent trois individus venus voler du gazole dans leur hangar agricole. Les deux frères tirent en l'air pour les faire fuir.

Mais le plus jeune des cambrioleurs se serait précipité sur les agriculteurs. Jean-Louis Leroux tire alors dans la direction du jeune homme, et l'atteint grièvement au ventre. Aujourd’hui, le pronostic vital du cambrioleur, qui est issu de la communauté des gens du voyage, n’est plus engagé selon les médecins.

En France, la loi pose des conditions strictes pour que la légitime défense soit reconnue. Il appartient désormais à la justice de déterminer si Jean-Louis Leroux était en état de légitime défense selon ces critères.

La loi doit être respectée, bien évidemment. Mais nous ne pouvons pas simplement en rester là.

Cette affaire est malheureusement un symbole. Elle condense tous les dysfonctionnements de notre système pénal.

Comme c’est presque toujours le cas dans les affaires de ce genre, Jean-Louis Leroux s’était déjà fait cambrioler plusieurs fois. Selon le journal Le Parisien, en 2019, 7 000 litres de carburant lui auraient été dérobés au total. À chaque fois, il a toujours appelé la gendarmerie, déposé plainte et fait confiance aux autorités.

Mais les vols et les déprédations ont continué, chez lui, et chez d’autres agriculteurs de la région.

Dans cette zone rurale, il faut presque une demi-heure pour que les gendarmes puissent se rendre chez Jean-Louis Leroux depuis leur caserne. Et cette fois-là encore, les gendarmes ont mis 25 minutes pour arriver.

Les cambrioleurs ont évidemment tout le temps de s’enfuir tranquillement. Et s’ils ne sont pas pris sur le fait, ils ne sont presque jamais retrouvés. Et si par hasard ils sont retrouvés, ils sont condamnés à du sursis ou bien ne font que de courts séjours en prison.

C’est la réalité de la justice française aujourd’hui.

Nous le savons tous, et Jean-Louis Leroux aussi. Alors peut-être cette fois-ci, exaspéré par l’impuissance des autorités, poussé à bout par l’impunité des délinquants, a-t-il pensé qu’il pourrait retenir les cambrioleurs jusqu’à l’arrivée des gendarmes. Pour qu’enfin ces vols cessent.

Mal lui en a pris. Les autorités, incapables de protéger les biens d’un homme qui travaille dur 365 jours par an pour se constituer de maigres revenus, l’ont immédiatement mis en détention provisoire.

Et savez-vous pour quel motif officiel ? Pour le protéger !

« Le contexte de commission des faits pouvant très sérieusement laisser craindre des risques de représailles, y compris de façon physique », selon le parquet de Reims.

Mais dans quel monde vivons-nous ? Un monde dans lequel la justice est incapable de protéger les honnêtes gens contre les délinquants, puisque le seul moyen qu’elle trouve de protéger leur vie, c’est de les mettre derrière les barreaux !

Il faut oser le dire : tout cela ne serait jamais arrivé si les autorités faisaient correctement leur travail. Si les pouvoirs publics remplissaient vraiment leur mission fondamentale, qui est de protéger la vie, les biens et la liberté des citoyens honnêtes.

L’avocat de l’agriculteur s’inquiète même pour sa sécurité en prison, « si c'est la seule solution de protection qu'on puisse trouver pour un citoyen que pendant 5 ans on n’a pas réussi à protéger, de le mettre en prison où on retrouve une grande concentration de gens du voyage, ce n'est pas une solution ».

Le cas de Jean-Louis Leroux n’est pas qu’un drame de la légitime défense, c’est un drame du dysfonctionnement de la justice. C’est le drame de l’impunité des délinquants. C’est le drame de l’abandon de la population face à la criminalité. C’est un drame qui se produit chaque jour en France.

Une audience est prévue jeudi pour savoir si l’agriculteur sera maintenu en détention provisoire. Mais d’après vous, sa place est-elle en prison ?


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