Pierre-Henri Tavoillot: «L’empire de la trouille ne doit pas triompher»
LE FIGARO. - Passons-nous de l’enfermement à la société de surveillance?
Pierre-Henri TAVOILLOT. - Ce n’était pas l’un et ce ne sera pas l’autre. Le confinement a fait l’objet d’un assez large consensus et la restriction imposée semblait proportionnée au risque et surtout limitée dans le temps. Ces deux critères vaudront aussi pour la surveillance à venir par les brigades sanitaires et le traçage numérique: tout dépendra de l’ampleur et de la durée du risque. Pour le reste, nous restons englués dans le paradoxe de notre temps. Car le citoyen des démocraties hypermodernes exige de l’État toujours plus de liberté et toujours plus de protection. Il le somme de maigrir et de grossir en même temps: c’est ce qui fait la difficulté de notre «régime» démocratique. Au nom des libertés, on dénoncera (à juste titre) l’incurie bureaucratique et réglementaire qui empêche de faire ce qui semble urgent et évident: masques, tests ; au nom de la protection, on appellera à la répression des «gens vraiment inconscients». Mais, au nom des libertés, on rechignera à confier à l’État des données (santé, localisation…) que l’on offre pourtant avec une généreuse insouciance dès que l’on ouvre une application des Gafam. Il faut avouer que nous sommes bien difficiles à gouverner.
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