Des États généraux de la Justice : enfin mais trop tard ! - Par Philippe Bilger

Le président de la République, après avoir reçu les deux plus hauts magistrats français, a annoncé des États généraux de la Justice et l'engagement que le garde des Sceaux dorénavant aurait à rendre compte chaque année du bilan de la politique pénale devant l'Assemblée nationale (Le Parisien, le JDD).


Mon premier mouvement a été de me dire "enfin" parce que, depuis 1972, j'écris notamment sur la Justice et il n'y a pas eu un seul livre où je n'aie pas évoqué, comme une opportunité radicale de réflexion collective et de changement, la réunion d'Etats généraux de la Justice.

Cette obsession qui ne m'a jamais quitté, s'est toujours accompagnée, sur un mode mineur, de la certitude que la multiplication de "journées portes ouvertes" dans les Palais de justice permettrait aux citoyens de mieux comprendre, et donc de moins blâmer l'institution judiciaire.

Même si cette idée présidentielle a surgi en dernière extrémité parce qu'il n'était plus possible de tenir pour rien le profond malaise déploré par Chantal Arens et François Molins, il m'était agréable de saluer, pour une fois, cette initiative et cette future obligation parlementaire.

Pourtant à peine m'étais-je réjoui avec "enfin" que je m'assombrissais avec "trop tard".