L’abstention, seule gagnante des élections régionales - Par Guillaume Bigot

Les formations populistes peinent à incarner une alternative, mais cela ne signifie pas que leurs électeurs se désintéressent de la politique et encore moins qu’ils sont prêts à renouer avec les partis qui soutiennent l’ordre établi, relève Guillaume Bigot.


À l’issue du premier tour des élections régionales, de Marine Le Pen à Marlène Schiappa, tout de ce que la France compte de personnalités politiques, appuyées par les médias, ont rappelé les abstentionnistes à leurs obligations. Pourtant, d’un dimanche à l’autre, la participation n’a qu’imperceptiblement progressé. Deux Français sur trois ont persisté dans leur refus de voter. Ni le soleil, ni les terrasses, ni la discrétion ayant entouré les débats électoraux n’étaient donc responsables de cette abstention franche et massive : celle-ci était bien volontaire.

Beaucoup relativisent cette très faible participation en rappelant que les régionales, comme les européennes, sont des scrutins à faibles enjeux. Qui plus est, les domaines de compétences des régions demeurent mal identifiés et se chevauchent parfois avec ceux des départements voire des intercommunalités. Il n’est pas non plus très surprenant que ces régions wisigothiques, découpées sur un coin de table par François Hollande sans tenir aucun compte ni de la géographie, ni de l’histoire, suscitent peu d’enthousiasme.