Moins d’Etat pour moins d’abstention - Par Jean-Philippe Delsol
Deux tiers d’abstentions aux élections régionales et départementales de ce mois de juin 2021 ! Dans une chronique du Figaro, Dominique Reynié a souligné que la cause en était sans doute que les électeurs considéraient que ça ne servait plus à rien d’aller voter. Des minorités agissantes imposent leur loi en dehors de tout scrutin et les élus font ce qu’ils veulent malgré l’expression du peuple : ils se refusent à parler librement de l’immigration alors que c’est peut-être la préoccupation principale des Français, ils sèment partout des éoliennes que bien peu les acceptent… Un sondage [1] a confirmé quelques jours plus tard que pour un abstentionniste sur deux, la « défiance » et le « désintérêt » étaient à l’origine de leur défaut de participation au scrutin. D’autres ont dit ne pas avoir eu les informations nécessaires (16%). Pêle-mêle, les abstentionnistes critiquent le gouvernement et les partis politiques. C’est toujours la faute des autres bien sûr !
Le pouvoir actuel a contribué à dévaloriser les collectivités territoriales
Au demeurant, les explications sont multiples. La Covid a pu jouer encore un rôle mineur. Le mois de juin est moins propice à la mobilisation que des mois plus froids… Mais le phénomène n’est pas circonstanciel. Depuis le début des années 2000, la participation décroît, même à la présidentielle qui est pourtant la reine des élections : M. Macron a été élu avec une poignée d’électeurs.
Une autre cause plus générale pourrait être que les électeurs, qui n’avaient que le vote pour s’exprimer, disposent désormais tous les jours des réseaux sociaux pour faire part de leur mécontentement. Ils peuvent avoir l’impression de mieux s’y faire entendre. Alors, pourquoi aller, en plus, voter ?
