Plus de 400.000 étudiants étrangers en France : l’université, une filière d’immigration en or - Note de l'OID
Le mot de Méchant Réac ® - Par Laurent SAILLY
La France accueille plus de 419.000 étudiants étrangers en 2023-2024, soit 14 % de sa population étudiante. Le programme « Bienvenue en France », lancé en 2019, a favorisé cette hausse, faisant des études le premier motif d’octroi de titres de séjour depuis 2022. La majorité des étudiants viennent du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient, avec une forte croissance des flux en provenance du Bénin, du Liban et de la Côte d’Ivoire. Le système est critiqué pour son manque de sélection : une inscription universitaire et 615 € mensuels suffisent. Les universités n’appliquent pas les frais supplémentaires prévus pour les étudiants extra-européens, et les aides sociales sont massives. Le coût net de cette immigration est estimé à 1 milliard d’euros par an. Peu d’étudiants étrangers s’orientent vers des filières porteuses, et les taux de réussite sont faibles, remettant en question l’efficacité du modèle d’immigration « choisie ».
Plus de 400.000 étudiants étrangers en France : l’université, une filière d’immigration en or
Par Judith Waintraub, pour Le Figaro Magazine
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L’essentiel de la note
o La stratégie gouvernementale « Bienvenue en France », qui pilote l’accueil des étudiants étrangers, se concentre sur un objectif quantitatif : atteindre « 500 000 étudiants étrangers en 2027 ». Cinq ans après son lancement, leur nombre a effectivement augmenté de 17%, pour atteindre 419 694 étudiants étrangers en 2023/2024 – soit 14% de la population étudiante sur le territoire.
o L’immigration étudiante est devenue, depuis 2022, le principal motif d’octroi des premiers titres de séjour en France. 110 633 nouveaux titres pour motif étudiant ont été accordés durant la seule année 2024, soit un tiers de toutes les primo-délivrances de titres de séjour et une hausse de 70% en 10 ans.
o Cette hausse est essentiellement portée par deux zones géographiques : le nombre de ressortissants d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient obtenant un premier titre de séjour étudiant a doublé en dix ans ; le nombre de ressortissants d’Afrique subsaharienne a triplé sur cette période. La France est la première destination mondiale pour les étudiants originaires d’Afrique subsaharienne.
o Selon la Cour des comptes, le coût net de l’immigration étudiante pour les finances publiques est de 1 milliard d’euros par an, en tenant compte des dépenses et des recettes (comme la TVA issue de la consommation sur place).
o En théorie, des droits d’inscription plus élevés sont applicables aux étudiants extra-européens. Mais de très nombreuses universités choisissent de les exempter totalement ou partiellement : ainsi, moins de 10% des étrangers théoriquement concernés paient le montant annoncé des frais différenciés. Le manque à gagner de ces exonérations est estimé à 308 M€ / an, alors que les universités se plaignent d’une insuffisance de moyens à hauteur de 240 M€ / an pour assurer leurs missions.
o Les étudiants étrangers sont largement en situation d’échec académique : deux tiers (66,2%) des étudiants internationaux en mobilité n’obtiennent pas leur licence en 3 ans, avec de forts écarts selon les zones géographiques d’origine.
o Les étudiants étrangers sont surreprésentés dans les filières à faibles débouchés professionnels et sous-représentés dans celles qui présentent la meilleure insertion.
o Alors que l’immigration étudiante dépend encore du pouvoir politique, l’actuelle législation en fait un « droit opposable » au titre de séjour. Outre l’admission dans un établissement d’enseignement supérieur, le seul critère retenu est celui de la capacité de l’étranger de « subvenir à ses besoins », mesurée par un seuil de ressources fixé à seulement 615 € / mois (et faiblement vérifié par ailleurs).
o 60% des aides d’urgence des CROUS sont accordés à des étudiants étrangers. Plus du tiers (34%) des places au sein des résidences CROUS sont occupées par des étudiants étrangers, lesquels ne représentent que 14% des étudiants.
o Après leurs études, les étrangers restent différemment sur le territoire selon leurs origines – ex : huit ans après leur arrivée pour motif étudiant, 61% des Algériens ont gardé un titre de séjour en France, dont les deux tiers pour motif familial.

