J'ai lu et aimé : "Journal d'un prisonnier" de Nicolas Sarkozy - Par Laurent Sailly
Nicolas Sarkozy critique le processus judiciaire qu’il estime conçu pour affaiblir les prévenus. Il conteste la validité des preuves dans l’affaire du financement libyen, affirmant que le document à l’origine du procès est « très probablement un faux ». Il s’interroge sur l’acharnement dont il se dit victime et entend défendre son innocence publiquement.
Le livre révèle aussi une dimension spirituelle : Sarkozy raconte avoir prié régulièrement, reçu la visite d’un prêtre et mesuré l’importance des racines chrétiennes de la France à travers le courrier reçu en prison. Sa famille, notamment Carla Bruni, joue un rôle central dans son soutien moral, renforçant la cohésion autour de lui.
Sur le plan politique, il dresse des portraits incisifs de personnalités, dont Emmanuel Macron, qu’il accuse d’avoir détourné le regard lors de son incarcération. Il promet de nuancer à l’avenir ses propos sur la réinsertion, après avoir constaté la violence et les limites du système carcéral.
Écrit quotidiennement au bic, puis retranscrit par ses avocats et secrétaire, l’ouvrage mêle récit carcéral, procès, vie familiale et réflexions politiques. Plus intime que ses précédents livres, il vise à témoigner de son épreuve, à défendre sa dignité et à convaincre de son innocence, à quelques mois de son procès en appel.
Ce texte est à la fois une confession personnelle et une prise de position stratégique : Nicolas Sarkozy utilise son expérience carcérale pour réaffirmer son rôle dans la recomposition de la droite française. Il se montre sensible aux gestes de Marine Le Pen et Sébastien Chenu, qu’il considère comme des marques de soutien. Il insiste sur la nécessité d’un « rassemblement le plus large possible » à droite, sans exclusions.

