24 novembre 1929 : Georges Clémenceau est mort

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Les volontés de Clemenceau pour ses obsèques

" Je n’aurai pas d’obsèques bien entendu. Vous ne voyez pas Millerand avec sa Ligue, Poincaré avec sa serviette, en rang d’oignons derrière mon cercueil ? Je serais capable de revenir à moi ! "

" Pas de prêtre, surtout… Défense à tout curé d’approcher. Barrage à 300 mètres… au large ! Et pas de femmes qui pleurent. La Paix ! Et pas d’hommes non plus ! "

Testament de Clemenceau rédigé huit mois avant sa mort, le 28 mai 1929

" Ceci est mon testament.

Je veux être enterré au Colombier à côté de mon père. Mon corps sera conduit de la maison mortuaire au lieu d’inhumation sans aucun cortège. Aucune ablation ne sera pratiquée. Ni manifestation, ni invitation, ni cérémonie.

Autour de ma fosse, rien qu’une grille de fer, sans nom, comme pour mon père. Dans mon cercueil, je veux qu’on place ma canne à pomme de fer qui est de ma jeunesse, et le petit coffret recouvert de peau de chèvre qui se trouve au coin de l’étage supérieur de mon armoire à glace. On y laissera le petit livre qui y fut déposé par la main de ma chère maman.

Enfin, on y joindra deux bouquets de fleurs desséchées qui sont sur la cheminée de ma chambre qui donne accès dans le jardin. On mettra le petit bouquet dans l’obus qui contient le grand, et le tout sera déposé à côté de moi. "

***

CLEMENCEAU (GEORGES, EUGÈNE, BENJAMIN), né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée), mort le 24 novembre 1929 à Paris.

Représentant de l'Assemblée Nationale de 1871 à 1876,
Député de la Seine de 1876 à 1885.
Député du Var de 1885 à 1893.
Sénateur du Var de 1902 à 1920.
Ministre de l'Intérieur du 14 mars au 19 octobre 1906.
Président du Conseil Ministre de l'Intérieur du 25 octobre 1906 au 20 juillet 1909.
Président du Conseil Ministre de la Guerre du 16 novembre 1917 au 18 janvier 1920.

Georges Clemenceau a été l’une des grandes figures de la IIIème République.

Issu d’une famille de la bourgeoisie vendéenne, Georges Clemenceau fut d’abord médecin comme son père. Il était titulaire d’une thèse de doctorat soutenue en 1865, intitulée De la génération des éléments atomiques.

Après avoir séjourné en Angleterre, où il fréquenta Stuart Mill et Herbert Spencer, et aux États-Unis, il se trouvait à Paris lors de la chute du second Empire et participa, le 4 septembre 1870, à la proclamation de la République à l’Hôtel de Ville. Arago le désigna alors comme maire de Montmartre. En 1876, il fut élu député de la Seine et prit la tête des radicaux qui siégeaient à l’extrême gauche de la Chambre. Il acquit rapidement une réputation de tombeur de ministères et combattit avec vigueur la politique coloniale de Jules Ferry. D’abord favorable à Boulanger, il s’en détacha dès que ce dernier devint suspect de césarisme. Pour défendre le régime contre le pouvoir personnel, il participa à la création de la Société des Droits de l’Homme et du Citoyen, avec Jules Joffrin.

Ses prises de position en matière de politique sociale et sa forte personnalité lui valurent de nombreux ennemis qui se liguèrent contre lui lors du scandale de Panama, dans lequel il se trouvait indirectement impliqué. Il lui en coûta un échec aux législatives de 1893. Il consacra les neuf ans qui suivirent, et où il demeura éloigné de la scène politique, au journalisme, d’abord à La Justice, qu’il avait fondé avec Camille Pelletan, puis à L’Aurore, où il devint éditorialiste en 1897, et dont les colonnes lui servirent à défendre Dreyfus, notamment en publiant le célèbre « J’accuse » d’Émile Zola.

L’Affaire devait marquer son retour en politique. Élu sénateur du Var en 1902, il entra au gouvernement en 1906 comme ministre de l’Intérieur, puis, en octobre de la même année, accéda à la Présidence du Conseil. Jusqu’en juillet 1909, il devait diriger l’un des plus longs ministères de la IIIe République, marqué particulièrement par la manière sanglante dont fut réprimée la révolte des viticulteurs du Midi, et qui lui valut le surnom de « premier flic de France ».

Passé dans l’opposition après son départ du gouvernement, il devait fonder en 1913 un nouveau journal, L’Homme libre, qu’il rebaptisa L’Homme enchaîné en 1914, pour protester contre la censure. La guerre se prolongeant, son patriotisme et sa poigne lui valurent d’être appelé en novembre 1917 par le président Poincaré pour constituer le gouvernement. Il prit alors en main, avec autorité, et au détriment parfois des principes démocratiques, les destinées du pays. Celui qui, à son arrivée au pouvoir, déclarait « je fais la guerre » devint après l’armistice, aux yeux de tous les Français, le « Père la Victoire ».

Principal négociateur du Traité de Versailles, où il subit l’influence américaine, il se présenta en janvier 1920 à la présidence de la République. Son échec marqua son retrait définitif de la vie politique. Il devait consacrer les années qui lui restaient à vivre à écrire (Démosthène en 1925, Au soir de la pensée en 1926, Claude Monet et les Nymphéas en 1928) et à voyager.

Trois jours à peine après la signature de l’armistice, le 21 novembre 1918, les 23 académiciens siégeant l’élurent à l’unanimité, au fauteuil d’Émile Faguet, comme ils venaient de le faire pour le maréchal Foch. Pas plus que le maréchal Foch qui partageait avec lui cet honneur, Clemenceau n’avait été candidat ni effectué les rituelles visites de présentation. Le Président du Conseil ne se montra d’ailleurs guère enchanté de son nouveau statut et pas une seule fois il ne vint siéger sous la coupole, où il redoutait — disait-on — d’être reçu par son ennemi intime, Raymond Poincaré.

Sources :
Site du Sénat - https://www.senat.fr/evenement/archives/clemenceau.html
Site de l’Académie française - http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/georges-clemenceau
Site Réseau Canopé - https://www.reseau-canope.fr/clemenceau/#Début
Site Clemenceau2018 - http://www.clemenceau2018.fr
Site Mission Centenaire 14-18 - http://centenaire.org/fr/georges-clemenceau-le-pere-la-victoire
Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Robert et Cougny (1889)
Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

Clemenceau : Portrait d'un homme libre

de Jean-Noël Jeanneney (Auteur)

Une biographie illustrée magistrale sur "Tigre", par Jean-Noël Jeanneney.

Dans le Panthéon de la IIIe République, Clemenceau est au premier rang. Il a marqué son temps de sa personnalité, sous de nombreux visages : l'exilé aux États-Unis après la guerre de Sécession, le maire de Montmartre au moment de la Commune, le médecin des pauvres à Belleville, le " tombeur de ministères " empêtré dans l'affaire de Panama, le journaliste flamboyant du combat dreyfusard, le " briseur de grèves " lors de son gouvernement de 1906-1909, le " Père la Victoire " de 1917-1918, le négociateur du traité de Versailles, l'octogénaire amoureux...
Parce qu'il était si multiple d'apparence et toujours en mouvement, on l'a jugé à tort insaisissable et contradictoire : on verra pourtant comment ce portrait d'un homme hors pair restitue, avec les couleurs vives de son énergie,
de sa volonté et de son courage, l'unité d'un tempérament et d'une trace. Si Clemenceau a encore beaucoup à nous transmettre, 85 ans après sa mort, c'est justement pour tout ce qui, en lui, bouge et vit inlassablement.

Éditeur ‏ : ‎ Mengès (2 octobre 2014)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 192 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2856204937
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2856204931
Poids de l'article ‏ : ‎ 630 g
Dimensions ‏ : ‎ 17.3 x 1.8 x 24.3 cm

Clemenceau


" Georges Clemenceau fut l'homme aux quatre visages : le Tigre qui fait tomber les ministères, le dreyfusard qui mène pendant neuf ans le combat du droit et de la justice, le premier flic de France qui, trois ans durant, dirige d'une main de fer le ministère de l'Intérieur, enfin le Père la Victoire qui conduit le pays à l'armistice avec l'Allemagne. Ce radical, d'abord haï par la droite pour son anticléricalisme, puis par la gauche pour son sens de l'ordre et sa lutte contre le pacifisme, est un homme apparemment contradictoire, qui se définissait lui-même comme un " mélange d'anarchiste et de conservateur ". Du premier, il avait la passion de la liberté, la philosophie individualiste, le dégoût de la " caserne collectiviste ". Du second, l'amour de la patrie, le respect de la propriété, une certaine forme de pessimisme - celui de l'homme d'action - sur la nature humaine. "

Éditeur ‏ : ‎ Tempus Perrin (6 janvier 2011)
Langue ‏ : ‎ Français
Poche ‏ : ‎ 704 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262034982
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262034986
Poids de l'article ‏ : ‎ 400 g
Dimensions ‏ : ‎ 10.9 x 2.9 x 17.8 cm
 

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