Réchauffement climatique ?... pourtant le froid tue beaucoup plus que la chaleur - Par Nicolas Lecaussin et Aymeric Belaud


Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly

Une étude du National Bureau of Economic Research [résumé en français ICI] révèle que le froid tue bien plus que la chaleur dans les pays développés. En Europe, plus de 500 000 décès annuels sont attribués à des températures non optimales, dont la majorité liée au froid. Aux États-Unis, environ 120 000 décès par an sont causés par le froid, contre seulement 10 000 par la chaleur. Contrairement aux idées reçues, les journées très chaudes ont un impact limité sur la mortalité globale.

Une analyse de The Lancet portant sur 854 villes européennes confirme cette tendance [résumé en français ICI] : 203 620 décès annuels dus au froid contre 20 173 dus à la chaleur. Une autre étude mondiale de The Lancet Planetary Health [résumé en français ICI] estime que le froid extrême provoque 1,3 million de morts par an, contre 356 000 pour la chaleur extrême.

Nicolas Lecaussin et Aymeric Belaud (IREF - Contrepoints) dénoncent une focalisation excessive sur le réchauffement climatique, occultant les dangers du froid. Ils appellent à rééquilibrer les politiques publiques et médiatiques pour mieux prendre en compte les risques sanitaires liés aux basses températures, souvent négligés dans les stratégies climatiques actuelles.

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5 novembre 2025 - Nicolas Lecaussin - IREF/Contrepoints

Il ne se passe un jour sans que l’on entende parler de réchauffement climatique. Journalistes, politiques, experts… ils nous mettent en garde : les températures augmentent, il faut se mobiliser d’urgence. Tant et si bien qu’à force de combattre le chaud, on en oublie le froid. Et pourtant, le froid tue beaucoup plus que la chaleur. Une étude intitulée Comprendre et gérer l’impact de la température sur la mortalité*, que vient de publier le National Bureau of Economic Research, le démontre clairement.

Globalement, les auteurs de l’étude (16 scientifiques de plusieurs universités américaines) ont analysé des données détaillées recueillies pendant des décennies dans 30 pays, en ont synthétisé les principaux résultats et sont arrivés aux conclusions suivantes : la température ambiante figure parmi les principales menaces externes pour la santé humaine. Elle est responsable de 5 à 12 % du nombre total de décès dans les pays examinés, soit de centaines de milliers par an aux États-Unis et en Europe. Le climat a été à l’origine de plus de 500 000 décès par an en Europe au cours de la dernière décennie, un chiffre supérieur à celui de toutes les autres causes, à l’exception des maladies cardiaques et du cancer. Aux États-Unis, « les températures non optimales » ont entraîné environ 120 000 décès par an (quatre fois moins qu’en Europe) au cours de la dernière décennie et elles se classent au huitième rang des causes de mortalité dans le pays, un chiffre comparable à celui des maladies neurodégénératives.

Et les décès dus au froid sont au moins cinq fois plus nombreux que les décès dus à la chaleur (voir le graphique). « Dans tous les contextes étudiés, le froid tue davantage que la chaleur », affirment les auteurs de l’étude. « Ces résultats contredisent directement l’idée reçue aux États-Unis selon laquelle la chaleur serait la catastrophe météorologique la plus meurtrière ». D’ailleurs, les données montrent que les journées de très grosse chaleur – par exemple, supérieures à 30 °C – qui font régulièrement la une de l’actualité et incitent les politiques à intervenir pour « protéger la population », ne comptent que pour une très faible part dans la mortalité globale liée à la température. La prestigieuse revue The Lancet avait naguère, elle aussi, publié des travaux démontrant que le froid tue plus que les chaleurs extrêmes. La « lutte contre le refroidissement climatique » va-t-elle bientôt débuter ?

*[NBER] Comprendre et traiter les impacts de la température sur la mortalité (résumé en français du rapport)

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18 juillet 2023 - Nicolas Lecaussin - IREF/Contrepoints
Le froid tue 10 fois plus que la chaleur extrême

Une vague de chaleur s’est abattue sur le sud de l’Europe. Les médias et les politiques ne cessent d’en parler et en profitent pour nous rappeler les dangers du réchauffement climatique et le besoin d’agir. Pourtant, même s’il ne faut évidemment pas sous-estimer les conséquences des vagues de chaleur, les données scientifiques montrent que ce sont bien les vagues de froid qui devraient surtout nous inquiéter. Une étude publiée au mois de mars par la revue The Lancet* est intitulée « Surmortalité attribuée au chaud et au froid : étude d’impact sur la santé dans 854 villes d’Europe ». Les auteurs – 21 chercheurs européens – ont réalisé une évaluation complète de la mortalité due à la chaleur et au froid dans toutes ces zones urbaines, en tenant compte des différences géographiques et des risques spécifiques à l’âge.

Ce travail a été effectué entre le 1er janvier 2000 et le 12 décembre 2019, en utilisant l’ensemble des données disponibles d’Eurostat sur les adultes âgés de 20 ans et plus vivant dans ces zones. Elles ont été complétées par celles du réseau de recherche propre à chaque ville concernée. Le tout a ensuite été mis en regard des températures minimales et maximales. Les conclusions ne laissent aucun doute. Dans ces 854 zones, les auteurs ont constaté un excédent annuel de 203 620 de décès dus au froid et de 20 173 décès dus à la chaleur. Les résultats différaient selon l’emplacement des zones en Europe et les tranches d’âge, les effets les plus marqués affectant les villes d’Europe de l’Est, pour le froid comme pour la chaleur.

Il existe aussi des variations locales dues aux caractéristiques urbaines. Selon l’étude, les résultats sont cruciaux pour la conception des politiques sanitaires et climatiques nationales et locales. A condition de ne pas accuser la chaleur à la place du froid

*Surmortalité attribuée à la chaleur et au froid : une étude d'évaluation des impacts sur la santé dans 854 villes en Europe (Résumé en français)

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11 septembre 2021 - Aymeric Belaud - IREF/Contrepoints
Le froid tue 1,3 million de personnes dans le monde contre 356000 tuées par la chaleur

La revue scientifique The Lancet vient de publier une étude intéressante*. Les écologistes prédisent que le réchauffement climatique tuera en masse. Or, il semble que ce soit le froid qui soit le plus mortel pour l’Homme. En effet, selon l’étude, le froid dit « extrême » tuerait 1,3 million de personnes par an dans le monde. La chaleur dite « extrême », elle, en tue 356 000 soit 3,6 fois moins.

Tout de suite, la perspective d’un à deux degrés de plus est moins effrayante et moins rentable pour le lobby de la peur climatique. Le réchauffement climatique va-t-il sauver des vies ?