Une dissuasion nucléaire élargie en Europe sans les États-Unis ? - Par Jean-Sylvestre Mongrenier


Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly

La dissuasion nucléaire élargie des États-Unis en Europe, instaurée dès la fondation de l’OTAN en 1949, repose sur l’engagement américain à protéger ses alliés par l’usage potentiel de l’arme nucléaire. Déployées sur le sol européen dès 1954, ces armes ont accompagné l’évolution doctrinale, passant des représailles massives à la riposte graduée. Le système de partage nucléaire et de « double clef » a renforcé l’intégration des alliés, tandis que la crise des euromissiles des années 1980 a confirmé la centralité du dispositif. Après la guerre froide, la posture nucléaire de l’OTAN s’est affaiblie, mais environ 250 bombes B61-12 modernisées demeurent stationnées dans cinq pays européens, complétées par les forces stratégiques américaines et les arsenaux français et britannique.

La réélection de Donald Trump en 2024 ravive les doutes sur la crédibilité du parapluie nucléaire américain, en raison de son scepticisme vis-à-vis des alliances. Plusieurs pays européens, notamment l’Allemagne, la Pologne et les États baltes, envisagent une dissuasion nucléaire européenne portée par la France et le Royaume-Uni : coordination des sous-marins, déploiement de Rafale armés de missiles nucléaires, voire partage nucléaire. Ce projet nécessiterait un engagement politique solennel et une forte composante conventionnelle. Parallèlement, l’initiative allemande Sky Shield propose un bouclier antimissile européen, critiqué par la France. Dans un contexte marqué par la montée en puissance nucléaire de la Russie, de la Chine, de l’Iran et de la Corée du Nord, l’Europe entre dans un nouvel âge nucléaire où la sanctuarisation agressive devient un enjeu central.

Une dissuasion nucléaire élargie en Europe sans les États-Unis ?

Lire l'article ICI