8 novembre 1793 : l’égérie de la Gironde, Madame Roland, est guillotinée
Le 8 novembre 1793, Madame Roland, figure emblématique du mouvement girondin, est guillotinée à Paris. Née Jeanne-Marie Philipon en 1754, elle se distingue par son intelligence et sa culture, nourrie par les lectures de Plutarque, Voltaire et Montesquieu. Après un passage au couvent, elle épouse Jean-Marie Roland, inspecteur des manufactures, et l’assiste dans ses travaux. Engagée politiquement dès 1789, elle anime un salon influent à Paris, fréquenté par les leaders girondins tels que Brissot, Pétion et Robespierre. Elle joue un rôle actif dans la rédaction de discours et lettres politiques, notamment celle adressée au roi le 10 juin 1792, qui provoque le renvoi de son mari du ministère de l’Intérieur.
Après la chute de la monarchie et les massacres de septembre, les Girondins sont pris pour cible par les Montagnards. Madame Roland est arrêtée une première fois en mai 1793, puis définitivement en juin. Incarcérée à la Conciergerie, elle rédige ses Mémoires, témoignage poignant de son engagement et de la Révolution. Jugée pour conspiration contre la République, elle est exécutée le 8 novembre. Ses dernières paroles, « Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! », résonnent comme une dénonciation tragique des dérives révolutionnaires.





