27 novembre 1252 : Mort de la reine Blanche
Alors que Louis IX est en Terre Sainte, Blanche de Castille dirige le royaume d'une main de fer. Comme elle entreprend de rendre justice à de pauvres paysans, la régente est prise de malaise et ressent de vives douleurs à la la poitrine. Avant de s'éteindre, le 27 novembre 1252, a l'abbaye de Maubuisson, elle veillera à laisser ses affaires en ordre.
« Ainsi, ils saisissent mes sujets et font justice comme ils veulent sans même m'en demander avis ! »
La régente Blanche est folle furieuse. Les chanoines ont jeté au cachot des paysans d'Ile de France qui ne pouvaient payer à temps leurs redevances.
« Comment croient-ils que ces pauvres gens vont les payer maintenant qu'ils sont en prison ? »
Les récoltes ont été pourries par un été pluvieux qui avait suivi un printemps glacial.
« Votre cœur, Madame ! Il faut épargner vos forces ! » supplient les docteurs.
« Mon cœur ne bat que pour mon fils et pour le bien de mes sujets » répond sèchement la régente.
Blanche de Castille est bien décidée à régler cette affaire.
Escortée par ses chevaliers et la milice parisienne, la reine mère se rend en litière jusqu'à la prison de Melun. Blanche de Castille donne ordre à ses officiers de libérer les captifs. Ceux-ci se jettent aux genoux de la reine-mère pour la remercier.
Soudain Blanche attrape le bras d’un de ses chevalier. Elle porte la main à son cœur. Il faut qu’elle se ressaisisse. Tous les yeux sont tournés vers la reine. Blanche, qui de toute sa vie n’a jamais faibli, est en colère après elle-même. Elle reporte sa colère sur les chanoines. Une partie des revenus de ces derniers sont confisqués :
« Ainsi sont punis ceux qui aiment tant l'argent qu'ils en oublient leur prochain ».
Son cœur s’emballe encore. Blanche de Castille sait qu'elle n'ira pas plus loin que Melun. Son peuple le sait aussi. On la porte sur sa litière et, à pas lent, devant une foule de paysans en larmes, on s'achemine vers le couvent des Lys. Allongée dans une petite chambre attend ses médecins. La vieille reine sent une nouvelle douleur dans la poitrine. Elle n'a pas la force de crier et retombe inerte sur sa couche. La saignée prescrite par les praticiens se révèle inopérante. Toute la nuit, les nonnes se relayent pour prier au chevet de la malade. Au petit jour, exsangue, celle-ci se plaint du froid. On garnit le lit de briques chaudes enveloppées dans des linges. On applique des reliques.
« C'est au Louvre que je dois me rendre pour mourir », murmure la reine mère d'une voix aussi faible qu'autoritaire.
Les médecins protestent. En Vain. Sa décision est prise. Par prudence, toutefois, avant de partir, elle se confesse et reçoit l'absolution :
« Ainsi si Dieu ne me donne pas la force de rentrer chez moi, au moins me permettra-t-il d'aller à Lui ».
En son palais, elle convoque ses fils et leur confie les rênes du pouvoir.
« Il faut prévenir le roi, mon fils. » implore-t-elle.
Louis IX est en Terre sainte. Elle sait qu’elle ne le reverra pas.
Blanche de Castille demande à ses dames de la revêtir de la simple robe de bure des religieuses de l'ordre de Cîteaux. La foi chevillée au corps, la reine mère veut finalement mourir auprès de ces moniales, à l'abbaye de Maubuisson, près de Pontoise, qu'elle a fondée et dotée.
A son arrivée à Maubuisson, Blanche de Castille ouvre les yeux et ordonne qu'on la dépose sur la paille.
« Mes amis, ai-je fait tort à l'un d'entre vous ? Dites-le-moi si c'est le cas pour que je lui demande pardon, car je vais mourir et ne veux garder aucun péché ».
Chacun la rassure. Elle insiste :
« Ai-je fait tort à qui que ce soit ? Moi qui ai tant pardonné, qui me pardonnera ? »
Dans l'assistance, nombreux sont ceux qui pense à la reine Marguerite de Provence, que sa belle-mère n’a eu de cesse de persécuter.
Sa respiration se fait difficile. Blanche demande la communion à l'évêque de Paris. Elle murmure la prière des agonisants. Ce 27 novembre 1252, à trois heures de l'après-midi, dans un dernier souffle, elle meurt à l'âge de 64 ans.
!!
Texte très inspiré de http://chrisagde.free.fr/capetiens/blanchecastille5.htm
« Ainsi, ils saisissent mes sujets et font justice comme ils veulent sans même m'en demander avis ! »
La régente Blanche est folle furieuse. Les chanoines ont jeté au cachot des paysans d'Ile de France qui ne pouvaient payer à temps leurs redevances.
« Comment croient-ils que ces pauvres gens vont les payer maintenant qu'ils sont en prison ? »
Les récoltes ont été pourries par un été pluvieux qui avait suivi un printemps glacial.
« Votre cœur, Madame ! Il faut épargner vos forces ! » supplient les docteurs.
« Mon cœur ne bat que pour mon fils et pour le bien de mes sujets » répond sèchement la régente.
Blanche de Castille est bien décidée à régler cette affaire.
Escortée par ses chevaliers et la milice parisienne, la reine mère se rend en litière jusqu'à la prison de Melun. Blanche de Castille donne ordre à ses officiers de libérer les captifs. Ceux-ci se jettent aux genoux de la reine-mère pour la remercier.
Soudain Blanche attrape le bras d’un de ses chevalier. Elle porte la main à son cœur. Il faut qu’elle se ressaisisse. Tous les yeux sont tournés vers la reine. Blanche, qui de toute sa vie n’a jamais faibli, est en colère après elle-même. Elle reporte sa colère sur les chanoines. Une partie des revenus de ces derniers sont confisqués :
« Ainsi sont punis ceux qui aiment tant l'argent qu'ils en oublient leur prochain ».
Son cœur s’emballe encore. Blanche de Castille sait qu'elle n'ira pas plus loin que Melun. Son peuple le sait aussi. On la porte sur sa litière et, à pas lent, devant une foule de paysans en larmes, on s'achemine vers le couvent des Lys. Allongée dans une petite chambre attend ses médecins. La vieille reine sent une nouvelle douleur dans la poitrine. Elle n'a pas la force de crier et retombe inerte sur sa couche. La saignée prescrite par les praticiens se révèle inopérante. Toute la nuit, les nonnes se relayent pour prier au chevet de la malade. Au petit jour, exsangue, celle-ci se plaint du froid. On garnit le lit de briques chaudes enveloppées dans des linges. On applique des reliques.
« C'est au Louvre que je dois me rendre pour mourir », murmure la reine mère d'une voix aussi faible qu'autoritaire.
Les médecins protestent. En Vain. Sa décision est prise. Par prudence, toutefois, avant de partir, elle se confesse et reçoit l'absolution :
« Ainsi si Dieu ne me donne pas la force de rentrer chez moi, au moins me permettra-t-il d'aller à Lui ».
En son palais, elle convoque ses fils et leur confie les rênes du pouvoir.
« Il faut prévenir le roi, mon fils. » implore-t-elle.
Louis IX est en Terre sainte. Elle sait qu’elle ne le reverra pas.
Blanche de Castille demande à ses dames de la revêtir de la simple robe de bure des religieuses de l'ordre de Cîteaux. La foi chevillée au corps, la reine mère veut finalement mourir auprès de ces moniales, à l'abbaye de Maubuisson, près de Pontoise, qu'elle a fondée et dotée.
A son arrivée à Maubuisson, Blanche de Castille ouvre les yeux et ordonne qu'on la dépose sur la paille.
« Mes amis, ai-je fait tort à l'un d'entre vous ? Dites-le-moi si c'est le cas pour que je lui demande pardon, car je vais mourir et ne veux garder aucun péché ».
Chacun la rassure. Elle insiste :
« Ai-je fait tort à qui que ce soit ? Moi qui ai tant pardonné, qui me pardonnera ? »
Dans l'assistance, nombreux sont ceux qui pense à la reine Marguerite de Provence, que sa belle-mère n’a eu de cesse de persécuter.
Sa respiration se fait difficile. Blanche demande la communion à l'évêque de Paris. Elle murmure la prière des agonisants. Ce 27 novembre 1252, à trois heures de l'après-midi, dans un dernier souffle, elle meurt à l'âge de 64 ans.
!!
Texte très inspiré de http://chrisagde.free.fr/capetiens/blanchecastille5.htm
