Mali : « Les djihadistes ne veulent pas prendre Bamako par les armes : ils veulent la laisser s’effondrer d’elle-même » - Par Peer de Jong
Dans un entretien pour Valeurs Actuelles, Peer de Jong, ancien colonel et vice-président de l’Institut Themiis, fait le point sur la situation au Mali.
Depuis le retrait français en 2022, le Mali est plongé dans une instabilité croissante. Deux menaces jihadistes dominent : Daesh, actif dans la région des trois frontières, et le JNIM, coalition d’inspiration Al-Qaïda dirigée par Iyad Ag Ghali, qui concentre ses efforts sur l’axe Tombouctou–Bamako et l’étranglement économique du pays. La junte, issue des coups d’État de 2020 et 2021, a rompu avec Paris et s’est tournée vers la Russie. Wagner puis l’Africa Corps ont fourni matériel et formation, mais leur présence combattante s’est réduite.
L’armée malienne reste fragile : effectifs limités, manque d’officiers expérimentés, divisions internes et incapacité à contrôler un territoire immense. Le JNIM exploite ces faiblesses en attaquant convois et routes stratégiques pour délégitimer la junte. Le discours anti-français sert à masquer les échecs, tandis qu’un pouvoir proto-islamiste est envisageable en cas d’accord politique. Un retour militaire occidental est improbable ; la stabilisation dépendra de puissances comme la Russie, la Turquie ou la Chine.
Peer de Jong
Mali : « Les djihadistes ne veulent pas prendre Bamako par les armes : ils veulent la laisser s’effondrer d’elle-même »
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