Combattre l'islamisme sur le terrain : Témoignage d'un préfet de la République - Par Alexandre Brugère


Dans un texte préfacé par Bruno Retailleau, publié par la Fondapol, Alexandre Brugère livre le premier témoignage «inédit» d'un préfet en exercice pour «expliquer la réalité de la menace».


Alexandre Brugère livre le premier témoignage d’un préfet en exercice sur la lutte contre l’islamisme. L’enjeu est crucial. Les islamistes rejettent la séparation qu’exige la laïcité entre la vie spirituelle et la vie temporelle. Or, c’est la laïcité qui préserve l’organisation sociale de l’emprise de la religion. Ainsi, les valeurs républicaines font obstacle au modèle promu par les islamistes, elles garantissent les libertés individuelles, d’opinion ou de conscience, qu’il s’agisse de l’égalité entre les femmes et les hommes, entre les citoyens, qu’ils soient croyants ou non, d’une religion ou d’une autre, qu’ils respectent ou non les règles de leur religion.

Afin de saper ces valeurs, les mouvements politico-religieux « fréristes » et autres de même type recourent, notamment, au levier de l’« islamophobie », un néologisme mis au service d’un discours victimaire destiné à inhiber la critique et à libérer le champ à leurs revendications.

L’islamisme opère l’enfermement de millions de Français musulmans dans un communautarisme identitaire les séparant de cet ensemble plus vaste et uni qu’est la communauté nationale. Aussi, les « accommodements raisonnables », petits et grands, par calcul ou par paresse, sont autant d’entailles au pacte républicain : un cours d’histoire qu’on laisse interrompre sans conséquences, un terrain qu’on vend pour permettre, avant les élections municipales, l’extension ou l’implantation d’une mosquée, un islamiste patenté avec lequel on continue de discuter parce qu’il serait « représentatif » … Il importe de ne pas seulement dénoncer l’islamisme, il faut aussi le combattre.

L’auteur, Alexandre Brugère, est préfet des Hauts-de-Seine. Son témoignage est précédé d’un avant-propos du ministre de l’Intérieur, M. Bruno Retailleau.


« Nous nous battons avec des sacs de plomb accrochés aux pieds » : face à l’islamisme, le cri d’alarme du préfet des Hauts-de-Seine
Par Louis Hausalter

Bruno Retailleau le présente comme « un texte de combat ». Avant de devenir président des Républicains (LR), le ministre de l’Intérieur a préfacé un « témoignage » signé du préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, que s’apprête à publier la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), centre de réflexion dirigé par le politologue Dominique Reynié. Intitulé « Combattre l’islamisme sur le terrain », ce texte que Le Figaro a pu consulter en avant-première rend concrètement compte d’une menace qui galope insidieusement. Une illustration par le réel du rapport choc fraîchement remis à Beauvau sur l’offensive des Frères musulmans, révélé ce mardi par Le Figaro, à la veille d’un Conseil de défense que doit présider mercredi Emmanuel Macron sur le sujet.

Alexandre Brugère développe dans sa note une réflexion esquissée lors d’un discours qu’il a prononcé dans une mosquée de son département de banlieue parisienne, à Levallois, à l’occasion d’une rupture du jeûne du ramadan en mars dernier. Un lieu de culte tenant d’un « islam des Lumières », assure-t-il, ce qui est loin d’être le cas de l’ensemble des 34 mosquées et salles de prière recensées dans les Hauts-de-Seine : près d’un tiers d’entre elles sont sous l’influence d’islamistes ou menacées de l’être, estiment ses services.
Confronté à l’entrisme islamiste, un préfet témoigne
Par Marie-Amélie Lombard-Latune

Assister ou non, quand on est préfet de la République, à une rupture du jeûne ? Le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, se pose la question quand il reçoit l’invitation lors du ramadan, en mars dernier. Il répond finalement favorablement au président de la mosquée des Abeilles, sachant l’homme attaché à promouvoir un islam compatible avec la République, mais n’ignorant pas, non plus, que d’autres convives seraient « moins attachés aux principes républicains ». Le représentant de l’Etat, qui fut aussi le directeur de cabinet de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur, se rend à cet « iftar » tout en y prononçant, dit-il, « un discours de vérité ».

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L’anecdote, racontée dans « Combattre l’islamisme sur le terrain. Témoignage d’un préfet de la République » (Fondapol, mai 2025), traduit bien ce que vivent hauts fonctionnaires et responsables publics au quotidien. Ne pas ostraciser une religion mais ne pas rester silencieux quand on porte atteinte aux valeurs républicaines. Des situations qui ne sont pas toujours réglées par la loi, le récent texte (2021) contre le séparatisme offrant cependant plusieurs leviers contre l’entrisme islamiste.

Manifestement, la menace pèse encore puisque « les Frères musulmans constituent la dynamique la plus importante de l’entrisme sur le sol national », explique l’Elysée avant la remise du rapport de deux hauts fonctionnaires sur le sujet ce mercredi en Conseil de défense. Avant d’ajouter : « Il y a un affichage, une idéologie de dissimulation dont la finalité est d’aller conquérir les municipalités pour installer la charia ». A plusieurs reprises, Marine Le Pen a réclamé « l’interdiction des Frères musulmans sur le sol français », ce que même le très ferme Bruno Retailleau juge guère réaliste.

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Sur le terrain, les maires, les préfets misent plutôt sur les mesures d’entrave. « Entre 2020 et 2024, cinq imams ont ainsi été expulsés », écrit Alexandre Brugère, dont « l’emblématique » Hassan Iquioussen. Lieux de culte et projets d’extension ou de construction de mosquées sont aussi passés au crible.

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