Le référendum, réalité ou mirage de la Ve République ? - Par Jean-Éric Schoettl

Quelle sont les parts respectives des opportunités à saisir et des illusions à dissiper dans la perspective référendaire ? Tour d’horizon et décryptage. Une note de Jean-Éric Schoettl pour la Fondation Res Publica.


Dans la note ci-après, Jean-Éric Schoettl, membre du Conseil scientifique de la Fondation, fait le point sur la totalité des modes de referendum possibles ou imaginables, en pointant avec sa précision habituelle les questions soulevées par certaines tentatives avortées ainsi que les difficultés auxquels se heurteraient les projets annoncés par le Président de la République ou le chef du gouvernement.

La Fondation Res Publica souligne, en ce mois de mai 2025 anniversaire du referendum sur le traité établissant une Constitution européenne, combien est frappant le contraste entre l’éparpillement de questions secondes touchant à l’intérêt national et la question première qui pourrait, vingt ans après, mobiliser le peuple français : celle d’une réforme de la Constitution approuvée par referendum, qui porterait sur nos engagements européens. Je renvoie sur cette question à mon texte, annexé au colloque du 15 octobre 2024 (Comment les institutions de la V° république peuvent-elles évoluer ?) sous le titre « Retrouver le peuple ».

Marie-Françoise Bechtel

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Le référendum, réalité ou mirage de la Ve République ?

Le 13 mai 2025, sur TF1, Emmanuel Macron a évoqué la possibilité de référendums sur des sujets comme la fin de vie ou l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. François Bayrou avait envisagé peu avant un référendulm sur le redressement des finances publiques. En théorie, l’appel au peuple devrait permettre de trancher bien des débats. Historiquement aussi : n’a-t-il pas été l’instrument privilégié du général de Gaulle pour sortir la France de ses ornières et sceller une nouvelle alliance entre la République et le peuple ? Le référendum ne se heurte pas moins aujourd’hui à de sérieux obstacles juridiques et politiques, ce qui explique qu’on n’en ait pas organisé depuis vingt ans et qu’on parle tant d’assouplir son usage. Il inspire autant d’espoirs (de renouveau démocratique, de déblocage en période de majorité introuvable…) que de craintes (de dérapage populiste, d’atteinte à l’Etat de droit…). Quelle sont les parts respectives des opportunités à saisir et des illusions à dissiper dans la perspective référendaire ? Tour d’horizon et décryptage.