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Contrepoints

Institut Thomas More : Montée aux extrêmes · La Russie, l’Ukraine et nous

Edouard Husson et Arnaud Benedetti : pourquoi les pires dérives du XXe siècle nous menacent à nouveau (Cancel Culture)



Atlantico : La Cancel culture, ce nouveau Mac carthysme visant à pousser hors de leurs emplois ou faire taire toutes les voix jugées dissonantes par le nouveau progressisme anti raciste/ décolonial / féministe /etc. gagne du terrain. Faut-il redouter que ces nouvelles tentatives de rééduquer les mal pensants produisent les mêmes effets que les idéologies du 20eme siècle qui prétendaient créer un homme nouveau ?

Edouard Husson :
Nous avons vécu la chute de l’URSS comme la confirmation du caractère positif de la culture occidentale: « La société ouverte et des ennemis » de Karl Popper est l’un des titres les plus cités à la fin des années 1980. Nous étions la « société ouverte » et c’est pour cela, pensions-nous, que nous avions triomphé du fascisme et du communisme. En fait, le totalitarisme était vécu comme quelque chose d’extérieur. La génération des « nouveaux philosophes » (BHL, André Glucksmann etc....) est très représentative car elle dénonçait un marxisme qui l’avait fascinée à renforts d’anathèmes. Or, précisément, c’était oublier qu’a chaque tentative totalitaire, on avait trouvé des partisans jusqu’au coeur de la société occidentale. Surtout, les témoins de la chute du Mur de Berlin étaient très fort pour dénoncer le totalitarisme des générations précédentes. Mais qui a eu le courage de montrer le décalage entre les paroles et les actes d’un Occident qui dansait triomphalement autour du cadavre du communisme ou traquait toutes les survivances de la « bête immonde » (le fascisme) mais acceptait de fermer les yeux sur les massacres du Parti Communiste Chinois à Pékin et dans 400 autres villes? Un peu comme on avait donné l’absolution à Lénine pour la réussite de la NEP, la nouvelle politique économique, de compromis avec le capitalisme. Or, ce qui est fascinant, c’est de voir comment, ce faisant, nous avons lié notre trajectoire à celle du régime communiste chinois. Les guerres menées par les USA dans les Balkans ou au Moyen-Orient, avec leurs cortèges de mensonges d’Etat, sont contemporaines de la répression chinoise au Tibet. Et la montée du totalitarisme de la cancel culture, à laquelle nous assistons depuis quelques années, est parallèle au durcissement du régime chinois, sous Xi Jiping. La Chine communiste a mis en place une surveillance tous azimuts des réseaux sociaux vers laquelle nous nous dirigeons aussi, apparemment. Le mouvement antiraciste a toutes les caractéristiques d’une nouvelle révolution culturelle. Il est évident que les progressistes, si on les laisse faire, utiliseront des crises du type « coronavirus » pour mettre en place des formes de contrôle social renforcé. Il est d’ailleurs étonnant que ce soit un virus parti de Chine communiste qui soit le prétexte à un confinement généralisé ! Ce qui est grave, c’est que l’Occident perd son âme au moment où il faudrait aider la société chinoise à lutter Contre le néototalitarisme de Xi.

Arnaud Benedetti :
Les réseaux sociaux ont contribué à un élargissement de l’espace public, ils ont affranchi celui-ci des seuls leaders d’opinion. La desintermédiation est de ce point de vue un processus quasi-révolutionnaire qui transforme en profondeur notre relation au débat public, qui en quelque sorte le dérégule de manière spectaculaire et visible, avec d’un côté une extension de la liberté d’expression public sans précédent pour toutes et tous, de l’autre un accroissement des violences verbales et comportementales de toutes parts. Les réseaux sociaux constituent Initialement des champs de confrontations sans filtres. La politique de modération qu’ils essaient de mettre en place depuis peu est sans doute nécessaire mais le problème qu’elle pose dans l’état actuel de son développement c’est qu’elle apparaît comme le produit d’une censure porté par les partisans radicalisés d’une idéologie qui sous prétexte de logique inclusive et de lutte contre les discriminations visent à exclure celles et ceux qui les contredisent et dénoncent leur radicalité. En d’autres termes, nous assistons de la part de ces groupes d’activistes, avec parfois la complicité implicite de certains gouvernements, à une entreprise dont le but consiste à éteindre ce qui est au principe d’une sphère publique : l’expression contradictoire, le désaccord assumé, la possibilité de débattre. Ces nouveaux "Saint-just" font de l’axiome de celui-ci, "Pas de liberté pour les ennemis de la Liberté" le mantra de leur combat. Or, ils ne reconnaissent qu’une liberté : la leur, refusant par principe toute parole hétérodoxe par rapport à leur propre doxa, niant la liberté des contradicteurs, voulant les exclure toujours plus de l’espace public, et imposer leur seule représentation du monde et de la société. Il s’agit bien en l’occurrence d’une guerre idéologique mais qui, aujourd’hui, et c’est là une ruse constante de l’histoire, dévore tout le spectre du " politiquement correct ", y compris le mainstream qui se voit mis en accusation pour sa tiédeur, voire ses ambiguïtés dans sa relation avec les conservateurs. En France le macronisme qui a germé dans tout ce qu’il y avait de plus consensuellement dominant dans la "pensée correcte " est lui-même pris à ce piège.

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