Jean-Philippe Delsol : La mort en face
Nous supportons aimablement les 6 millions de décès annuels dans le monde de bronchopneumopathies obstructives chroniques et d’infections des voies respiratoires inférieures (source OMS). Et là, tout à coup, l’univers tremble de peur, s’effondre d’anxiété, s’enferme, se terre, refuse de travailler…parce qu’il y a un mauvais virus qu’on ne connaît pas. Il n’a rien à voir pourtant avec nos anciennes épidémies de suette anglaise, typhus, variole, grippe pulmonaire et autre choléra qui décimaient parfois la moitié de la population des villes, quand pour le moment le nombre de morts en France représente moins de 2% du nombre de morts annuels. Certes ce chiffre augmentera. Mais comment la peur a-t-elle pu conduire aussi vite à immobiliser le monde ?
Il y a bien sûr l’effet dramatique de la mort par étouffement, l’insuffisance des moyens et structures sanitaires d’accueil, la rapide propagation générale du phénomène quand Ebola, le Sras, le Mers ou la grippe H1N1 n’avaient guère touché l’Occident… Peut-être simplement que par l’effet des médias, d’une surmédiatisation, nous avons vu la mort en face. La crainte a été inoculée par ceux là même qui voulaient combattre le fléau et ils ont tétanisé des milliards d’individus à travers le monde. En réalité deux éléments nouveaux ont, me semble-t-il, créé ce mouvement de panique : l’étatisation totale de la santé et le refus de voir la mort en face.
