Christophe Guilluy: «L’abstention majoritaire est la conséquence de la sécession des élites»
Pour l’essayiste, révélé par Fractures françaises (Flammarion, 2013), le RN, banalisé ou diabolisé, reste dans l’imaginaire français le parti qui permet de mettre en avant les questions d’immigration et d’insécurité et continuera d’exister tant que ces thématiques ne seront pas traitées.
L’abstention massive lors des régionales et le relatif recul du RN sont-ils le signe que la colère des Français a été surestimée? À cette question, Christophe Guilluy répond non de manière catégorique. «L’abstention majoritaire» est, selon le géographe, une nouvelle illustration du gouffre culturel qui sépare les catégories populaires des «élites», en particulier politiques, et doit se lire comme l’expression d’une contestation sourde. Pour l’essayiste, révélé par Fractures françaises (Flammarion, 2013), le RN, banalisé ou diabolisé, reste dans l’imaginaire français le parti qui permet de mettre en avant les questions d’immigration et d’insécurité et continuera d’exister tant que ces thématiques ne seront pas traitées. L’erreur, toutefois, souligne l’auteur de l’essai Le Temps des gens ordinaires (Flammarion, 2020), serait de résumer la colère au seul indicateur «RN». L’abstention est un autre indicateur puissant. Les millions de Français qui ont déserté les urnes n’ont pas disparu et exprimeront demain à nouveau leur malaise dans les urnes ou dans la rue, juge Christophe Guilluy.
