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Le courrier des stratèges

« Dictature », démocrature et imposture - Par Renée Frégosi

À l'heure des débats autour du pass sanitaire, la philosophe et politologue Renée Fregosi met en garde contre l'usage abusif du terme dictature, qui fait paradoxalement le jeu des régimes autoritaires.


On n’a jamais autant entendu parler de dictature en France que pendant cette crise du covid et tout particulièrement à propos du pass sanitaire : « dictature sanitaire », « dictature vaccinale », « atteinte aux libertés », « autoritarisme présidentiel »… Il faut reconnaître que le gouvernement n’a pas été en reste lui non plus de concepts martiaux voire autoritaires : « guerre », « état d’urgence », « mobilisation », « couvre-feu »… et n’a pas lésiné sur les interdits (littoral, forêts, jardins publics…) et les restrictions à la libre circulation (limitations horaires et à des périmètres parfois de quelques km seulement, frontières départementales…) qui pouvaient apparaître d’autant plus arbitraires que d’autres mesures étaient obstinément réprouvées (strict contrôle aux frontières nationales, isolement…). Il n’empêche.

Cet usage abusif du terme de dictature ne relève pas seulement de l’outrance coutumière des joutes politiques, et la perte de sens généralisée dont souffrent nos sociétés n’est pas uniquement en cause. Qualifier de dictature une démocratie (aussi mal en point soit-elle) procède à la fois de l’abaissement de la démocratie et de la réhabilitation sournoise du véritable autoritarisme politique. Certes, la longue période démocratique qu’a connue l’Occident depuis 1945 a contribué à amollir l’esprit de résistance à l’oppression, et ce qui a pu apparaître comme une banalisation de la démocratie après la décomposition du système soviétique, a paradoxalement tendu à dévaloriser la démocratie comme régime politique. Enfants gâtés de la démocratie, les Occidentaux sont devenus paresseux à défendre les acquis démocratiques par une vigilance constante et une inventivité renouvelée pour s’adapter aux nouveaux enjeux.

Nombre d’intellectuels et de politiques de pays démocratiques, notamment en France et aux États-Unis, donnent alors dans un anticonformisme de pacotille consistant dans un autodénigrement systématique et jouent avec le feu en dissolvant par tous les moyens la ligne de démarcation entre dictature et démocratie, voire en louant des régimes liberticides, répressifs, assassins souvent, et même à visée génocidaire parfois. Car la dictature, la vraie dictature a la vie dure, elle fait florès dans nombre de régions à travers la planète, de l’Asie à l’Afrique en passant par le Moyen-Orient et le Maghreb, et elle résiste ou tente de se réimplanter où elle est combattue ou avait été mise à bat dans les années 80-90, notamment en Amérique latine, à Cuba, au Venezuela ou au Nicaragua.

Que la démocratie comme régime politique soit imparfaite, cela fait partie intégrante de sa définition-même puisqu’elle est fondée sur la négociation et le compromis comme principe politique. Selon l’état du rapport des forces et des intérêts en présence, on progresse vers davantage de partage au plus grand nombre de la décision politique et des biens matériels et culturels, ou bien on régresse vers des situations de types oligarchiques. Lorsque la démocratie connaît des basses eaux, il est légitime d’en être insatisfait, mais cela ne justifie aucunement d’en rejeter le principe et de verser dans la complaisance à la dictature même et surtout lorsque celle-ci se pare des apparences de la démocratie.

Ce que l’on appelle en français « démocrature » (à partir du néologisme latino-américain des années 80, bien plus savoureux dans la langue espagnole « democradura », accolant la racine « democra » de democracia à la terminaison « dura » qui veut aussi dire « dure », de dictadura) est en effet une dictature déguisée en démocratie par la tenue d’élections. Mais il s’agit, en l’espèce, d’élections non libres, frauduleuses, « contrôlées » de diverses façons qu’elles sont, par le pouvoir en place qui s’y perpétue. C’est la forme la plus fréquente de nos jours, et la plus perverse, des dictatures à travers le monde, du Venezuela à la Turquie et à la Chine par exemple, en passant par l’Iran, l’Algérie, le Russie, le Congo ou l’Autorité palestinienne. [...] > LIRE LA SUITE
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